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Des transhumants entre alliances et conflits, les Arabes du Batha (Tchad) : 1635-2012

Soutenance de Dangbet Zakinet
Direction de thèse : Francis Simonis
Le 7 décembre 2015 à 14h, MMSH, salle 101

Jury :
- Mirjam DE BRUIJN (Professeur, Université de Leiden)
- Anne-Marie GRANET-ABISSET (Professeur, Université de Grenoble 2)
- Jacky BOUJU (Maître de Conférence, AMU, IMAF)
- André MARTY (Docteur)
- Francis SIMONIS (Maître de Conférence, AMU, IMAF)

Résumé :
Au Tchad, depuis l’époque précoloniale, la transhumance permet aux éleveurs d’exploiter les ressources pastorales dispersées et de tisser des liens avec les sédentaires. Dans les zones où l’eau et le pâturage sont disponibles en toute saison, l’accès aux ressources était régulé par un système traditionnel fondé sur le compromis et les alliances entre les communautés. Depuis les sécheresses successives des années 1970 et 1980, le tarissement rapide des ressources dans les zones pastorales du Nord oblige les éleveurs à descendre plus tôt que prévu dans les zones agricoles. Cette dérégulation du calendrier de la transhumance suscite des débats contradictoires entre les éleveurs et les agriculteurs, au sein de la classe politique, intellectuelle et dans les médias. De nos jours, il y a une tendance à la montée des conflits pour l’accès aux ressources et à la remise en cause des alliances qui constituent au-delà des problèmes, le socle sur lequel se fondent les relations entre les éleveurs et les agriculteurs. Dans les débats parfois houleux sur la question de la transhumance, certains affirment que la transhumance est un mode de vie archaïque qu’il faut dépasser, d’autres soutiennent qu’elle demeure le seul système adapté à la variabilité des ressources pastorales dans un Sahel incertain. À partir d’une étude historique et ethnographique auprès des Arabes du Batha, cette thèse est une contribution au débat sur la question de la transhumance au Tchad. Elle tente de répondre à la question principale : comment évoluent les rapports entre les transhumants et les agriculteurs dans un contexte sociopolitique et environnemental en pleine transformation ?

Mots-clefs :
Transhumance, alliances, accès aux ressources pastorales, colonisation, éleveurs, agriculteurs, chefferies traditionnelles, conflits, Tchad, Batha, Arabes.

Transhumants between alliances and conflicts. Arabs of Batha, Chad : 1635-2012.

Abstract :
In Chad as in other Sahelian countries, transhumance enables pastoralists to exploit the fluctuating and scattered pastoral resources. For generations, pastoralists have established linkages among themselves and with sedentary farmers along transhumance routes. In areas where water and pasture are available in every season, access to resources was regulated by a traditional system based on arrangements and alliances between communities. Since the successive droughts of the 1970s and 1980s, the rapid depletion of resources in northern pastoral areas forces farmers to make their way earlier than expected into agricultural areas. This deregulation of transhumance patterns raises debates between pastoralists and farmers as well as in the political, intellectual and media spheres. There is nowadays a trend of rising conflicts over access to resources and the disruption of the alliances on which relationships between herders and farmers were based. In the sometimes deleterious discussions on the issue of transhumance, some argue that transhumance is an archaic way of life that must be changed, and others argue that it is the only system adapted to the variability of pastoral resources in the Sahel context. This thesis is a modest contribution to the exciting and passionate debate on transhumance in Chad. It attempts to answer the main question : how is the relationship between transhumant and farmers evolving in a changing environmental sociopolitical context ?

Keywords :
Transhumance, alliance, access to pastoral resources, colonization, farmers, pastoralists, traditional leadership, conflicts, Chad, Batha, Arabs.