IMAF - Institut des mondes africains


Accueil > Actualités > Ailleurs

Elites africaines dans le monde

Deux séminaires organisés par le groupe de recherche Elites africaines dans le monde dans le cadre du projet Mutations et Défis Africains (MDA).

Le 5 avril 2016

Salle du conseil B
190 avenue de France
75013 Paris
De 10h à 13h

- Abdoulaye Gueye, Professeur de sociologie à l’Université d’Ottawa, Département de sociologie et d’anthropologie
Les universités africaines. Entre logique marchande et impératifs académiques

Discutant : Luc Ngwe, RIAM

Résumé :
A l’aube des indépendances, la majorité des Etats africains s’étaient accordé pour faire du développement socio-économique du continent la priorité de leurs actions politiques. En conséquence, mettant souvent leurs efforts en commun, ils lancèrent des chantiers, nationaux et continentaux, de construction d’institutions universitaires, dont le nombre était inférieur à 10 au moment de la décolonisation. Dans les discours de la plupart des pères de l’indépendance, parmi lesquels Nyerere et Senghor, les nouvelles institutions, mises au service du développement, étaient caractérisées comme des "universités du développement" .
Plus de quarante ans plus tard, force est de constater que cette mission est loin d’être accomplie. Qui plus est, la privation matérielle qu’elle devait juguler à l’échelle du continent frappe de plein fouet les acteurs directs de l’institution universitaire. De manière quasi endémique, le non-paiement des salaires, la baisse du pouvoir d’achat ainsi que la détérioration des conditions matérielles d’exercice professionnel ont affecté une partie significative du corps enseignant. Dans le même temps, l’espace universitaire s’internationalisait, devenait de plus en plus compétitif, se montrait davantage perméable à la logique du marché, et les autorités africaines s’ingéniaient à maintenir autant que possible les enseignants et chercheurs dans les salles de cours.
Dans ce nouveau contexte, surgit l’irruption de la consultance dans le système universitaire. Une pratique d’autant plus préoccupante qu’elle génère la privatisation d’un espace originellement public. Se servant d’un titre et parfois de modestes moyens (un bureau, des étudiants) qu’ils doivent à l’université, les enseignants exécutent alors des missions de consultant les enrichissant surtout financièrement, sans que contrepartie ne revienne à l’institution universitaire nationale.
Lors du séminaire, on se propose d’analyser à partir de recherches menées dans cinq pays -Tanzanie, Nigeria, Ghana, Niger et Afrique du Sud-, les stratégies des universités nationales pour tenter de régler la pratique de la consultance à leur avantage. Dans chaque pays, nous avons interviewé entre 20 et 34 enseignants-chercheurs. Des entretiens ont aussi été menés avec des doyens des facultés des sciences sociales, des arts ou de l’éducation ainsi qu’avec des responsables des bureaux de la recherche.

Le 11 avril 2016

Salle 587
190 avenue de France
75013 Paris
De 14 à 17h

- Tiécoura Traoré, Docteur ès Sciences Techniques, Ingénieur-Chercheur en Transports ; Président du Collectif Citoyen pour la Restitution et le Développement Intégré du Rail Malien (COCIDIRAIL)
Les cadres du « Dakar - Niger ». Formation et devenir au lendemain de la privatisation du chemin de fer

Résumé :
L’objet de cette communication est de passer en revue l’ensemble des efforts faits pour développer les compétences des divers corps de métiers du rail, depuis la création de la Régie du Chemin de fer du Mali et celle du Sénégal, jusqu’à la résiliation de la Convention de Concession de l’Exploitation de la ligne de chemin de fer Dakar - Bamako.
Après avoir été formés dans différents pays du monde (notamment à Saint-Pétersbourg), à partir de 1987, la formation des personnels de direction a été assurée par l’Ecole Supérieure africaine des cadres des chemins de fer à Brazzaville. Créée en 1987 par l’Union Africaine des Chemins de fer (UAC), l’ESACC, est devenue en 1996 l’Ecole Supérieure Africaine des Cadres de Chemin de fer et de Gestion des Transports, ayant choisi en plus de ces métiers d’origine de former des Administrateurs des transports.
Les événements des années 1990 (effondrement de l’URSS, instauration de la IIIème République au Mali, privatisation du chemin de fer malien, guerre civile en République Populaire du Congo, etc.) bouleversent le contexte dans lequel sont formés et employés ces cadres techniques et administratifs. Autrefois envoyés en formation par l’Etat ou par les syndicats, puis fonctionnaires de la Régie, leur statut a été remis en cause dès le milieu des années 1990 ; et aujourd’hui les futurs cadres sont le plus souvent tributaires de circuits alternatifs privés pour accéder à ces formations.
L’exposé éclairera surtout le devenir des cadres (qui ont vécu ces bouleversements) et leur situation actuelle.