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Des femmes musulmanes en politique. Les princesses ottomanes

Rencontre-Débat de l’Iremam

Mardi 12 avril 2016
14h30

MMSH
Salle Paul-Albert Février
5, rue du Château de l’Horloge
13094 Aix-en-Provence

- Juliette DUMAS, Historienne moderniste, spécialiste du monde ottoman (AMU-IREMAM)
Des femmes musulmanes en politique.
Pour un dépassement de la lecture sexualisée du harem et de ses intrigues : le cas des princesses ottomanes

Séance animée par Candice Raymond

Présentation :
Femmes soumises, objets sexuels, intrigantes frivoles, potiches dépensières : ces images orientalisantes ont envahi notre imaginaire du harem. Simpliste, faciles à argumenter, rassurantes (pour certains), ces perceptions permettent de faire l’économie d’une interrogation scientifique, qui combinerait démarche historique et questionnement sociologique.
Les princesses ottomanes se prêtent parfaitement à une telle étude : produits du harem, elles n’y jouent aucun rôle sexuel ; agents au service, tantôt de la dynastie, tantôt de l’élite politique, on leur dénigre toute action politique structurelle. Elles sont le prototype du dénigrement de l’action des femmes (musulmanes, ottomanes) en politique. Pourtant, des actions politiques leurs sont reconnues. Avec une constance remarquable au cours de la longue histoire ottomane, qui court de la fin du 13e au début du 20e siècle. N’en déplaise à tout un courant historiographique encore très vivace, poser la question de savoir si les princesses ottomanes pouvaient exercer un rôle politique est dépassé (c’est un fait, confirmé par les sources) ; il faut plutôt se demander à quel titre et comment ? La séparation des sphères masculines et féminines, l’enfermement des femmes, la vie palatiale, les jeux d’intrigue, deviennent des cadres, des supports d’une action politique discrète, mais non moins efficace.

Historienne moderniste, spécialiste du monde ottoman, Juliette Dumas a soutenu sa thèse de doctorat en 2013 sur Les perles de nacre du sultanat. Les princesses ottomanes (15e-18e siècle). Après une année comme ATER au Collège de France, elle a été recrutée comme Maîtresse de Conférences à l’Université d’Aix-Marseille, où elle dispense des enseignements sur la langue et la civilisation turco-ottomane. A cette occasion, elle a rejoint l’équipe histoire de l’IREMAM. 
Parmi ses domaines d’intérêt privilégiés, figurent l’histoire des femmes et du genre, la famille, l’histoire politique et sociale de l’Empire ottoman, ainsi que les pratiques de mise-en-scène de l’histoire. _ Co-auteure de l’ouvrage Bâtir au féminin ? Traditions et stratégies en Europe et dans l’Empire ottoman (Picard, 2013, avec S. Frommel), elle termine l’édition d’un collectif (en co-direction avec R. Wittmann), intitulé Coming out with Cultural Innovation. Reflections on Traditions and Adaptability in the Muslim World (14th-19th c.), ainsi qu’un ouvrage sur les princesses ottomanes, inspiré de sa thèse.