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La refondation d’une cité swahili à Witu. Écriture de l’histoire et légitimation du pouvoir au nord de la côte est-africaine (1812-1895)

Soutenance de thèse de Clélia Coret
Directeur de thèse : Bertrand Hirsch
Le jeudi 2 juin à 14h à la Sorbonne, salle Jean-Baptiste Duroselle, Galerie Jean-Baptiste Dumas, 17 rue de la Sorbonne, 75005 Paris

Jury :
- Bertrand Hirsch, Professeur, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (directeur de thèse)
- Henri Médard, Professeur, Aix-Marseille Université (rapporteur)
- Brigitte Reinwald, Professeure, Université de Hanovre
- Isabelle Surun, Professeure, Université de Lille
- Thomas Vernet, Maître de Conférences, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
- Justin Willis, Professeur, Université de Durham (rapporteur)

La soutenance sera suivie d’un pot auquel vous êtes conviés. Afin d’en faciliter l’organisation, je vous remercie de bien vouloir me confirmer votre présence : clelia.coret@gmail.com

Résumé de la thèse :
Au nord de la côte swahili, la cité de Witu a été fondée au milieu du xixe siècle par des élites urbaines en exil, venant de l’archipel de Lamu, en opposition au sultanat de Zanzibar. En quelques décennies, l’influence régionale de Witu s’est développée à travers un vaste réseau d’interdépendances entretenu par le sultan de la cité avec les populations environnantes. Entre 1885 et 1890, la région passe sous protectorat allemand. Ces dynamiques politiques et sociales sont étudiées à travers la mise en forme de récits à prétention historique sur la dynastie nabahani au pouvoir à Witu. Ces histoires ont été co-produites par ces autorités et des Européens, principalement des Allemands, en prenant appui sur la littérature locale à caractère historique dans un contexte de valorisation des productions écrites. Des récits de longueur variable et des traditions orales anciennes et réinventées ont ainsi été mises par écrit. Surgit alors un passé plus ou moins fantasmé dans le cadre des rivalités impériales et régionales, marquées par la fin de l’hégémonie du sultanat de Zanzibar et la concurrence entre la Grande-Bretagne et l’Allemagne. Le « besoin » d’histoire qui s’exprime répond à la nécessité de légitimer des revendications territoriales, politiques et coloniales. Aussi, en écrivant leur histoire, les autorités de la cité ont cherché à renforcer leur pouvoir, qui ne peut toutefois s’exercer qu’avec le soutien politique, militaire et économique de leurs alliés et de leurs dépendants. Examiner les formes locales d’écriture de l’histoire, de même que leur rapport au temps, participe à ancrer notre approche dans une perspective résolument tournée vers l’histoire de ces sociétés.

Mots-clés :
Côte swahili, Witu, écriture de l’histoire, chroniques, cité-État, colonisation allemande, xixe siècle


The Refoundation of a Swahili City at Witu. Writing of History and Legitimation of Power on the Northern East African Coast (1812-1895)

The city of Witu was founded in the middle of the 19th century on the nothern Swahili coast by exiled urban elites, from the Lamu archipelago, against the sultanate of Zanzibar. Within a few decades, the regional influence of Witu expanded through a huge network of interdependances between the city’s sultan and surrounding populations. Between 1885 and 1890, the region fell under a German protectorate. This dissertation uncovers these political and social dynamics through the analysis of so-called historical narratives on the Nabahani dynasty who ruled in Witu. The authorities of the city along with the Europeans, mainly Germans, co-produced these stories from the local historical literature at the very moment when the value of written testimonies themselves was increasing. They put into writing narratives of different lenght and ancient and reinvented oral traditions. A more or less imaginary past emerged when, at the same time, the end of the sultanate of Zanzibar’s hegemony and the competition between Britain and Germany impacted on the imperial and regional rivalries. The apparent « need » of history became instrumental in the quest of legitimacy over territorial, political and colonial claims. By writing their history, the authorities of the city tried to strenghten their power, which in fact relied on the political, military and economic support of their allies and their dependants. By analysing how the history is written in the local context, as well as the relationship to time, we can truly focus our perspective on the history of these societies.

Key-words :
Swahili coast, Witu, writing of history, chronicles, city-state, German colonisation, 19th-Century