IMAF - Institut des mondes africains


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Quand le Sud global aide à penser et dire le monde commun

Rémy BAZENGUISSA-GANGA, Rada IVEKOVIC et Kadya Emmanuelle TALL

9 juin 2016, de 18h30 à 20h30

Lycée Henri IV
Salle PrM-1.03 (deuxième cour, 1er étage préfabriqué)
23 rue Clovis
75005 Paris

- Geetha Ganapathy-Doré, professeure à l’Université de Paris-13 Villetaneuse
La vitesse comme ligne de fuite des sociétés mondialisés

« La vitesse c’est la vieillesse du monde… emportés par sa violence nous n’allons nulle part, nous nous contentons de partir et de nous départir du vif au profit du vide de la rapidité. Après avoir longtemps signifié la suppression des distances, la négation de l’espace, la vitesse équivaut soudain à l’anéantissement du Temps : c’est l’état d’urgence.
En fait, la course surgit de l’histoire comme une sublimation de la chasse, son accélération achève l’extermination, la vitesse devient à la fois un destin et une destination. Chasseur, éleveur, marin, pirate et chevalier, conducteur de char, automobiliste, nous sommes tous les soldats inconnus de la dictature du mouvement… Nous l’avions semble-t-il oublié, à côté de la richesse et de son accumulation, il y a la vitesse et son accélération, sans lesquelles centralisation et capitalisation auraient été impossibles. »
Paul Virilio, Vitesse et politique, Editions Galilée, 1977.

Un des aspects de la mondialisation, c’est l’accélération réelle ou virtuelle des échanges. Après les avions supersoniques et les trains à grande vitesse, nous connaissons Business at the Speed of Thought et le leadership à la vitesse de la lumière. En d’autres termes les forces du marché boostées par la technoscience nous mettent en mouvement. Alors que le changement climatique nous oblige à adopter des technologies faibles en carbone qui implique des stratégies à long terme (slow food, slow work, slow science, slow money), l’ivresse du mouvement et de la vitesse nous gagne. Afin de se synchroniser avec la cadence des processeurs de plus en plus rapides, nous accélérons, consciemment ou non, le rythme de notre vie. L’automatisation des tâches censée nous libérer du labeur pour nous mettre d’être plus créatifs paradoxalement nous déshumanise. Cette communication essayera d’examiner le concept de la vitesse comme ligne de fuite des économies et sociétés mondialisées, son impact sur la vie personnelle, familiale et sociale et sur la santé physique et psychique des êtres humains.

Geetha GANAPATHY-DORE est Maîtresse de conférences habilitée à diriger des recherches à la Faculté de Droit, Sciences politiques et sociales, à l’Université Paris 13, Sorbonne-Paris Cité. Elle est l’auteure de The Postcolonial Indian Novel in English (2011). Elle a coédité plusieurs livres parmi lesquels On the Move, The Journey of Refugees in New Literatures in English (2012). Comme la pluie qui tombe sur la terre rouge est le titre de sa traduction de certains anciens poèmes tamouls publiés par Po & Psy (2016). Ses recherches récentes tournent autour des relations entre l’Inde et l’Union Européenne, les questions des droits de l’homme et du cinéma postcolonial. Elle est l’actuelle présidente de la SARI.

Bibliographie-selective_Geetha-Ganapathy-Dore