IMAF - Institut des mondes africains


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N(O)stalgies africaines

Table ronde organisée par le programme ELITAF (Elites africaines formées dans l’ancien bloc soviétique. Histoires, biographies, expériences)

Date :
Jeudi 24 novembre 2016
14h-19h

Lieu :
Salle du conseil A, sous-sol
190 avenue de France
75013 Paris

Intervenants :
- Svetlana DIMITROVA, Réseau Interdisciplinaire Afrique Monde, RIAM,
- Amalia DRAGANI, Institut des mondes africains, IMAF,
- Nora GREANI, IIAC-LAHIC et Université de Nice-Sophia Antipolis,
- Lucette LABACHE, Réseau Interdisciplinaire Afrique Monde, RIAM,
- Tatiana SMIRNOVA, Centre d’études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques, CESSMA

Discutant :
Mihaï Dinu GHEORGHIU, Université Alexandru Ioan Cuza, Iasi, et RIAM

Présentation :
Il se développe dans les pays de l’ancien bloc soviétique, depuis la chute du mur de Berlin, une relation lancinante au passé faite de regret mélancolique, de sentiment d’impuissance et d’exaltation mêlés, qui, dans le contexte de crise économique, de migrations massives et de désarroi politique, remodèle des souvenirs hétérogènes et fuyants en une implacable nostalgie. Baptisée Ostalgie dans l’ancienne RDA, cette relation a fait l’objet de plusieurs films et instruit plusieurs études. Les recherches menées dans le cadre du programme ELITAF sur les étudiants africains dans les anciens pays socialistes, notamment sur leurs expériences, nous incitent à nous demander si l’« épidémie de nostalgie » les a touchés et sous quelle forme. Lors de la table ronde, la problématique de « la nostalgie à l’Est vue du Sud » sera abordée de façon à comprendre comment les "bons souvenirs" l’emportent, en de nombreux cas, sur les désillusions et les « expériences douloureuses », et à distinguer ce qui relève à proprement parler de la ou des nostalgies au-delà des simples analogies ou usages métaphoriques du mot.

Deux angles principaux sont proposés pour les débats.
- La nostalgie met en rapport mémoires sociales et mémoires individuelles et rend possible le positionnement des acteurs concernés à l’égard de phénomènes de masse et des politiques qui les encadrent. Les politiques des mémoires se traduisent de plusieurs façons : anniversaires, commémorations, muséifications, monuments, ainsi qu’organisations qui inscrivent dans leur programme la défense des « mémoires nationales ». Quelles sont les conditions qui ont favorisé les différentes postures prises à l’égard de ces politiques, de l’instrumentalisation politique des mémoires à leur sublimation littéraire ou artistique, voire à leur mise en opposition dans des « guerres de mémoires » ?

- La nostalgie est par ailleurs un effet des migrations et « déracinements » subis, qui incitent à la recherche d’une période stable dans le passé, dans l’impossibilité de l’avoir dans le présent. Les diasporas sont ainsi des lieux de production de la nostalgie, d’invention ou réinvention d’une tradition ou de valeurs propres à conserver. Quels sont les différents modes et lieux de réappropriation du passé, par exemple dans des associations d’anciens, en rapport avec les différents itinéraires et les différentes frontières traversées ?