IMAF - Institut des mondes africains


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Histoire sociale de l’Afrique orientale, de la mer Rouge et de l’océan Indien, XIXe-XXe siècles

Séance du 9 décembre 2016, 13h à 16h
Salle des artistes, Rdc, 96 bd Raspail, 75006 Paris

- Nicole Khouri, maître de conférences retraitée - Université Paris I Panthéon-Sorbonne / IEDES (khouri.n@wanadoo.fr)
Ismailis du Mozambique colonial : une catégorie invisible

Résumé
Arrivée du Gujarat (Inde) dès la fin du 19ème siècle, la petite communauté des ismailis du Mozambique (environ 3 000 membres) quittera la colonie en 1975. Les ismailis font partie des populations qui ont constitué l’histoire du colonialisme portugais. Quasi invisibles dans les documents officiels (archives, statistiques), peu connus des populations africaines qui les confondent avec les autres indiens, lesquels sont pourtant très au clair sur ce qui fait leurs “grandes et petites differences”, les ismailis affirment une spécificité éducationnelle et cultuelle, obeissent aux enjeux politiques et aux injonctions économiques de leur chef, Aga Khan, soucieux de leur bien être matériel, et de leur organisation religieuse.
Le traitement des entretiens avec les membres de cette communauté qui a pu suppléer aux trous des documents officiels, feront de ces deux sources historiques et socio-anthropologiques, l’objet de notre réflexion. D’une façon plus élargie, c’est aussi de la nature du colonialisme portugais dont il s’agit, différent de celui de ses voisins britannique et français où sont également installées des communautés ismaili avec lesquelles celle du Mozambique entretient des liens à la fois forts et limités.

- Boris Adjemian, chercheur affilié à l’IMAF, docteur en histoire de l’EHESS et de l’Université « L’Orientale » de Naples (boris.adjemian@gmail.com)
Quelle histoire pour une communauté disparue ? 
Les Arméniens en Éthiopie et les usages du matériau biographique

Résumé
L’immigration arménienne en Éthiopie a commencé à la fin du 19e siècle et a donné naissance à une petite communauté qui s’est développée jusqu’à la révolution éthiopienne de 1974. Les immigrants arméniens et leurs descendants n’ont jamais été nombreux (1 200 personnes à l’apogée de la communauté) mais se sont distingués au 20e siècle par la multiplicité et la qualité de leurs ancrages dans la société locale, de la cour impériale d’Éthiopie à la vie professionnelle, culturelle et domestique. Néanmoins, cette sédentarisation, processus subtil et invisible, est absente des livres d’histoire et des archives. Pour retrouver et faire émerger le « homeland arménien » qui s’est épanoui en Éthiopie dans cette période, l’historien doit créer ses propres archives. Dans cette perspective, je discuterai de l’apport des sources orales et iconographiques mises au jour sur le terrain, et singulièrement des usages que j’ai pu faire des récits d’Avédis Terzian (1904-2000), un corpus complexe tendant à dresser l’« autobiographie collective » de la communauté.

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