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Master interdisciplinaire SocDev « Société, Culture et Développement »


Discours de la Codirection du LMI MACOTER à l’occasion de :
Lancement du Master international SOCDEV « Société, Culture et Développement »

Vendredi 5 mai 2017
Université des Lettres et des Sciences Humaines de Bamako
Campus de Kabala, Salle de Conférences
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Monsieur le Recteur de l’Université des Lettres et des Sciences Humaines de Bamako,
Monsieur le Représentant de l’Institut pour la Recherche et le Développement au Mali,
Messieurs les Recteurs d’Universités,
Messieurs les Doyens de Facultés et Directeurs d’Instituts,
Chers collègues,
Chers invités,

Je voudrais exprimer ici, au nom du Laboratoire Mixte International MACOTER, l’immense plaisir de voir se réaliser aujourd’hui, le lancement officiel du Master SOCDEV, « Société, Culture et Développement ».
Il s’agit du premier Master international, interdisciplinaire et interuniversitaire, qui mobilise au Mali : la Faculté des Sciences Humaines et des Sciences de l’Éducation (FSHSE), la Faculté de Droit Public (FDPU), la Faculté d’Histoire et de Géographie (FHG) et l’Institut des Sciences Humaines (ISH). Il est appuyé par cinq unités de recherche françaises : l’Institut des Mondes Africains (IMAF), le Centre d’Études en Sciences Sociales sur les Mondes Africains, Américains et Asiatiques (CESSMA), le laboratoire Développement, Institutions et Mondialisation (DIAL), le Laboratoire Populations, Environnement et Développement (LPED) et le Centre Georg Simmel de l’EHESS.
À l’origine de ce Master, il y a la création en février 2016 du Laboratoire Mixte International MACOTER – Reconfigurations maliennes : Cohésions, Territoires et Développement, issu d’un appel à projets compétitif lancé en 2015 par l’Institut de Recherche pour le Développement. Il est régi par une convention d’une durée de 5 ans, qui lie trois universités maliennes : l’Université des Lettres et des Sciences Humaines de Bamako (ULSHB), l’Université des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako (USSGB) et l’Université des Sciences Juridiques et Politiques de Bamako (USJPB) ; et deux établissements publics à caractère scientifique et technologique français : le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD).
Implanté au sein de l’Université des Lettres et des Sciences Humaines de Bamako, sur le Campus de Kabala, MACOTER a comme vocation d’impulser une culture de laboratoire en sciences humaines et sociales, afin de développer une recherche académique de haut niveau au Mali, par le Mali et pour le Mali.
Le Laboratoire Mixte International MACOTER est une structure partenariale et collaborative qui regroupe actuellement 44 chercheurs, enseignants-chercheurs et doctorants, maliens et français. À travers la mobilisation de la recherche et de la formation universitaire malienne, son programme pluriannuel vise à répondre aux grands enjeux de la reconstruction post-conflit du pays.
Plus spécifiquement, le laboratoire entend :
– appréhender les processus de reconstruction et les recompositions territoriales en cours, du point de vue des logiques sociales cohésives ;
– mettre en lumière les modalités de résilience, de résolution des violences et de construction d’une paix durable au Mali ;
– élaborer une théorie des structures intermédiaires et des médiations (sociales, religieuses et culturelles) entre les individus et la société et entre les citoyens et l’État ;
– renforcer les capacités de recherche de la communauté scientifique malienne par et pour le développement durable ;
– appuyer la formation des formateurs et approfondir la production malienne d’un savoir, d’une analyse et d’une théorisation de rang international ;
– assurer une formation d’excellence aux étudiants à travers la mise en place d’un Master et l’encadrement doctoral.
Parallèlement, le Laboratoire MACOTER a vocation à mettre en place une série de partenariats exécutifs avec les acteurs institutionnels et privés du développement (ministères, bailleurs internationaux, agences du développement, ONG), dans le but de constituer une interface entre sciences sociales et politiques publiques du développement. Il s’agit ici de mobiliser les ressources académiques maliennes à travers une analyse raisonnée des programmes de développement, afin d’éclairer en retour la vision des décideurs et leurs actions, en mettant à leur disposition des savoirs empiriques issus de la recherche en sciences humaines et sociales.
Conçu pour lier la recherche, la formation et l’évaluation des politiques publiques
du développement post-crise, le Laboratoire MACOTER vise ainsi à répondre aux
besoins d’un pays qui entend produire lui aussi des savoirs et des analyses de rang
international sur la société malienne et au-delà.
Pour atteindre cet objectif, qui répond aux grandes orientations de l’État malien, le Laboratoire MACOTER n’entend pas se limiter à la recherche. Il a également conçu un programme d’enseignement destiné à promouvoir une nouvelle génération d’universitaires et d’intellectuels maliens qui puissent être formés au et par le Mali, rompant ainsi avec une logique d’externalisation de la formation supérieure qui n’a pas toujours suffisamment profité au pays.
L’ambition de ce volet formation est en effet de permettre l’exercice d’une pensée critique, ouverte et prospective qui puisse répondre au souhait des universitaires maliens de contribuer, aujourd’hui plus que jamais, à la réflexion en cours sur le vivre-ensemble au Mali et sur l’approfondissement d’une démocratie participative et consentie.
Hier, il s’agissait de la création d’un Laboratoire de recherche international en sciences humaines et sociales à Bamako ; aujourd’hui, il s’agit du lancement d’un Master international, mais aussi interdisciplinaire et interuniversitaire ; demain, il s’agira de la mise en place de l’école doctorale.
Le chemin sera encore long et les difficultés ne manqueront pas. Mais l’énergie et la détermination qui animent tous les chercheurs du Laboratoire MACOTER n’ont d’égal que l’engagement dont Messieurs les Recteurs d’Université et Messieurs les Doyens de Faculté ici présents nous ont toujours témoigné, et sans qui rien de tout cela n’aurait pu se réaliser.
Qu’ils en soient remerciés !
Aw m’bè foli bilaw ye !

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