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L’épreuve du vote : mobilisation et participation en situation contrainte

Appel à communications pour un panel aux 3e Rencontres des études africaines en France, Bordeaux, 30 juin-3 juillet 2014.

Date limite : avant le 31 mars 2014

Objet canonique de la sociologie politique, la sociologie du vote s’invite à nouveau sur le continent africain. Après les réflexions sur les élections en contexte autoritaire, celles sur les élections en situation multipartite et clientéliste et l’institutionnalisation du « rite » électoral, la question a la faveur aujourd’hui d’analyses quantitatives telles que celles pratiquées par l’Afrobaromètre. La diversification des pratiques électorales sur le continent continue de générer cependant pour l’analyse qualitative de nombreux angles morts autant que des questions méthodologiques curieusement laissées en suspens. L’atelier proposé vise à susciter des contributions s’attachant au vote comme épreuve, tant politique que méthodologique.

Une épreuve politique, d’abord : dans les régimes à parti dominant (parfois appelés hybrides, semi-autoritaires, etc.), le vote est à la fois un outil de crédibilité et une contrainte pour les représentants politiques. Les dispositifs d’organisation et de surveillance du vote sont de plus en plus présents et les conduisent à s’en accommoder ou à les détourner. Bref, loin d’être un simple exercice de « civilité internationale », les réformes électorales ont des effets sur les formes de la mobilisation et de la participation. C’est ainsi que techniques et instruments électoraux seront au cœur de nos questionnements. Le vote est également une épreuve, au sens où il traduit des transformations sociales plus larges, au sein de l’électorat. L’accumulation d’un savoir électoral, fruit d’une vingtaine d’années d’élections multipartites produit des électeurs plus exigeants et, à tout le moins, différents. Plus généralement, les techniques de mobilisation de ces électeurs se transforment, du fait de ce rapport plus affirmé au politique, mais aussi de transformations plus générales (contexte urbain où le rapport de clientèle change/ différenciations sociales plus accentuées, etc.)

Une épreuve méthodologique, enfin : trois séries de questions seront posées. L’une, classique, s’intéresse à l’imbrication des événements électoraux et du hors-temps électoral, aux meilleurs moyens d’articuler enquête au long cours et investigations ponctuelles. Une seconde a trait aux articulations entre quantitatif et qualitatif : comment se servir des enquêtes quantitatives (Afrobaromètre) ? Enfin, la question des matériaux mobilisés et de leur crédibilité sera posée. Dans des contextes où la fraude électorale est routinière, comment travailler sur des documents électoraux ? Comment ces derniers peuvent-ils devenir des archives utiles ?

Merci d’envoyer vos propositions (un titre, une demi-page expliquant la question principale et l’enquête) aux organisatrices (adresses ci-dessous) avant le 31 mars 2014.

Sandrine Perrot (CERI) : sandrine.perrot@sciencespo.fr
Marie-Emmanuelle Pommerolle (IMAF / Paris 1) : mepommerolle@free.fr