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Supports et circulation des savoirs et des arts en Afrique et au-delà

Séance du 23 juin 2017, de 11h à 13h
EHESS, salle 13, 105 bd Raspail 75006 Paris

- Ana Cuomo, doctorante EHESS - IMAF
Performer son africanité : le rap burkinabè "sur scène"

Résumé :
Cette communication sera axée sur une observation de concerts de rap burkinabè, inscrite dans une ethnographie "multi-située" (Marcus) dans le cadre d’une thèse d’anthropologie en cours sur la pratique du rap au Burkina Faso. Après avoir composé un album, les rappeurs étudiés doivent ensuite le défendre sur scène localement puis, pour certains, en France. Il s’agira de mettre l’accent sur les différents régimes d’authenticité qui s’expriment à travers les vêtements, les discours, les morceaux joués, le format du concert (live, playback), en regard du contexte de la prestation (concert de quartier, festival Hip-Hop, festival africain en France...). Cette anthropologie de la performance cherche à comprendre ce qui se joue pour ces artistes, et sur quelles scènes : accès à une reconnaissance plus large, valorisation d’une identité nationale, ou africaine, "conscientisation" du public, etc. Le concert apparait ici comme un site privilégié où se déploient différentes manières de performer, voire de miser sur tel ou tel registres de différenciation sous-tendus par des représentations autour de l’"africanité".

- Elina Djebari, chercheure associée, post-doctorante au King’s College London
Dialogues musicaux et diplomatie culturelle entre Cuba et l’Afrique de l’Ouest, 1960-1970

Résumé :
Cette communication propose d’observer les jeux d’aller-retour musicaux et les circulations transnationales de musiciens maliens et cubains à l’aune des nouveaux échanges culturels amorcés entre Cuba et les pays africains ayant adopté une politique socialiste après les indépendances. Dans le contexte politique de la guerre froide, le rôle de la musique comme élément clé de la diplomatie culturelle sera analysé, notamment à travers les conventions culturelles signées entre Cuba et un certain nombre de pays africains dans les années 1960. D’une part, sera étudiée la création de l’orchestre Las Maravillas de Mali à Cuba au milieu des années 1960 par des étudiants maliens envoyés à La Havane pour recevoir une formation musicale de haut niveau. D’autre part, les tournées du célèbre orchestre cubain Orquesta Aragón en Afrique de l’Ouest à partir des années 1970 compléteront la grille d’analyse de ces échanges politiques et musicaux transatlantiques. La communication abordera non seulement la popularité et la contribution de la musique cubaine à la production d’une modernité musicale africaine, mais aussi la (re)création d’une proximité entre l’Afrique et les Caraïbes au moment des indépendances, période marquée par les courants intellectuels de la Négritude et du Panafricanisme. En prenant pour objet d’étude les parcours entremêlés de l’orchestre Las Maravillas de Mali à Cuba et les tournées de la Orquesta Aragón en Afrique de l’Ouest, il s’agira de dévoiler non seulement des enjeux politiques et musicaux, mais aussi des trajectoires individuelles, permettant de mettre à jour plusieurs strates de circulations musicales à travers l’Atlantique Noir tout en révélant le rôle de dynamiques politiques particulières au contexte postcolonial dans l’histoire d’une globalisation musicale transatlantique.

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