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Le patrimoine religieux dans les Afriques. Mobilisations patrimoniales et religieuses en miroir

Colloque international


Quand :
Les 8 et 9 décembre 2017

Où :
Columbia Global Center
Reid Hall
4 rue de Chevreuse
75006 Paris

Comité scientifique : Rémy Bazenguissa Ganga ( EHESS-IMAF), Jean-Paul Colleyn (EHESS-IMAF), Jean-Pierre Dozon (EHESS-IRD-FMSH), Guiblehon Bony (Université Alassane Ouattara, Côte d’Ivoire), Magloire Somé (chercheur conseiller à la Présidence du Burkina Faso), Romuald Tchibozo (Université d’Abomey-Calavi, Bénin)

Contact des organisateurs : alice.degorce@ird.fr ; marie.miran@ehess.fr ; kadya.tall@ehess.fr

Photo de l’affiche : photo Marie Miran-Guyon, peinture Kassou Seydou, titre Mbolo#2

Résumé :

Ce colloque interroge la fabrique du patrimoine religieux dans les Afriques. Cet éclaircissement s’impose de par le fait que le patrimoine s’entend de nos jours comme « une notion toute récente, qui couvre de façon nécessairement vague tous les biens, tous les ‘trésors’ du passé », comme le notaient pertinemment Babelon et Chastel [1980]. Depuis la fin des années 1970, cette notion se démultiplie et se décline de mille et une manières. D’ailleurs, d’un point de vue heuristique, les Afriques sont exemplaires en ce qu’elles sont traversées par des mouvements multiples qui mobilisent les acteurs sociaux autour de questions diverses qui portent sur les liens entre, d’un côté, le patrimoine religieux, et, de l’autre, l’identité ethnicoraciale, l’imaginaire national, les arts contemporains, les plateformes numériques ; ou encore les pratiques de mise en patrimoine de lieux saints, d’archives locales et d’un vaste champ qualifié d’immatériel ; et enfin le refus iconoclaste de leur mise en patrimoine par certains fondamentalistes.

Pour interroger en quoi le tournant patrimonial touche le religieux dans des formes multiples, les intervenants ont été invités à revisiter au moins deux axes.

(1) La question du ré-enchantement du monde. L’effervescence religieuse qui a accompagné, notamment dans un certain nombre de pays du Sud, les expériences politiques depuis les années 1980, a pu faire penser que le désenchantement du monde annoncé par Max Weber était en train d’être contredit. À l’inverse, une re-sacralisation semblait s’opérer au vu du retour du religieux sur la scène publique un peu partout dans le monde. André Mary [2000, p. 281] parle de « ré-enchantement postmoderne des métissages » dans son analyse de la fabrique chrétienne des identités africaines. Patrick Michel [1994, p. 40] quant à lui évoque un ré-enchantement du politique via l’instrumentalisation du religieux qui « devient, en situation de recomposition globale, l’un des lieux privilégiés du politique ». Mais le monde n’a-t-il jamais été désenchanté en Afrique ? Stephen Ellis et Gerrie ter Haar [2004] sont de ceux qui soulignent la centralité pérenne du religieux sur ce continent. Le colloque interrogera au travers de l’objet patrimoine, la pluralité des formes du retour du religieux à une plus grande visibilité, en explorant continuités, ruptures et réinventions.

(2) La question de la participation citoyenne par le prisme du religieux. Dans ce contexte historique, au-delà d’une certaine dialectique qui oppose mouvements réformistes universalistes et cultes polythéistes et néo-traditionalistes, l’espace de la société civile s’ouvre également aux formations religieuses non universalistes afin de questionner leur rôle social, d’y affirmer leur spécificité en termes raciaux ou ethniques, selon le contexte, et enfin de s’inclure dans le débat autour de la démocratie participative, en particulier dans les sociétés précédemment muselées par des gouvernements autoritaires.

PROGRAMME

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