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REAF 2018 : Afriques enchantées, Afriques en chantiers

Appel à contributions

Préambule
Le continent africain, avec plus d’un milliard d’habitants, sa jeunesse, l’importance de ses ressources naturelles, les grands aménagements qui s’y multiplient et la modernisation qui s’y accélère est souvent associé, dans les médias, aux nouveaux miracles économiques, aux innovations sociales, artistiques et culturelles.

Les politiques économiques et sociales déployées dans les mondes africains viennent rencontrer des enjeux locaux de valorisation et de préservation des pratiques culturelles comme des ressources naturelles alimentant tour à tour afro-pessimisme et afro-optimisme, enchantement et désenchantement, mythologies d’une africanité rimant avec authenticité et d’un développement économique rimant avec modernisation.

La capacité de résistance, de transformation et de résilience des sociétés africaines face aux dominations, aux violences et aux crises, interroge et fascine. Énergie des individus, dynamisme supposé des solidarités, communautés et familles, héroïsme au quotidien des femmes et des plus démunis, élan des mouvements sociaux, créativité religieuse, amplification des circulations licites et illicites, sont mis en avant comme des atouts propres à ce continent. Les versants plus sombres de ces dynamiques interpellent également : prosélytismes et radicalismes armés sur des bases religieuses, culturelles ou communautaires, mobilisation de la sorcellerie dans le champ des concurrences ou des conflictualités sociales.

Ces illusions, projections, fantasmes et stéréotypes qui collent aux dynamiques plurielles du continent africain sont tenaces, et fondent en partie l’attraction et la séduction exercées par ce continent. Cependant les termes mêmes de domination, de tragédies mais aussi de résistances, d’indocilité ou de résilience, si souvent appliqués au continent africain, risquent d’éluder les rapports historiques, économiques, politiques et sociaux qui s’y jouent.

Les 5e Rencontres scientifiques des Études Africaines en France proposent de revenir sur les mécanismes de construction, de diffusion et d’instrumentalisation de ces représentations. Comment se sont-elles construites ? Comment, dans l’histoire du continent, l’enchantement et ces désenchantements ont-t-ils été fondateurs de multiples formes de convoitises et de dominations ? Qu’en est-il des formes « prolongées » de mises en dépendance héritées d’un passé lointain ? Comment sont-elles entretenues ? Les mémoires et les pratiques anciennes ne se prolongent pas seulement dans le présent, et elles devront faire l’objet d’une interrogation en tant que telles. En quoi l’enchantement et ces désenchantements animent-ils des actions politiques nationales et internationales, mais aussi des discours littéraires, politiques, scientifiques et des mobilisations populaires ?

Des ateliers portant sur des thématiques ou des orientations nouvelles de la recherche sur les Afriques, présentant des regards renouvelés sur des objets récurrents, ou mettant l’accent sur des développements récents de la recherche ou des thèmes comparatistes sont attendus. Des ateliers pluridisciplinaires ou interdisciplinaires sont également sollicités. Ils pourront mettre en avant les thèmes suivants :
- Axe 1 : Les chantiers de l’enchantement
- Axe 2 : Une nature enchantée, des patrimoines menacés, une agriculture questionnée
- Axe 3 : Désenchantements, migrations et nouvelles solidarités

Calendrier
- Les propositions de panel sont attendues pour le 15 décembre 2017.
- Évaluation des propositions de panel par le comité scientifique du 16 décembre au 31 janvier 2018.
- Retour des évaluateurs aux coordinateurs de panel à partir du 1er février 2018.
- Évaluation des communications des panels par le comité scientifique entre le 16 mars et le 15 avril 2018.

CONTACT :
reaf2018@sciencesconf.org

AAC_REAF2018