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Tourisme : recherches, institutions, pratiques

Séance du 11 octobre 2018, 17h à 20h
Université Paris-Descartes, 45 rue des Saints-Pères 75006 Paris.

- Niels Martin, docteur en géographie (École doctorale sciences de l’homme, du politique et du territoire, Grenoble),
Vivre sur un lieu de vacances : l’ère d’un après tourisme

Après l’ère du tourisme de masse, les frontières installées entre « habiter » et « tourisme » se fissurent de toutes parts. Les lieux touristiques attirent un nombre croissant de nouveaux habitants qui rêvent de vivre toute l’année dans une ambiance de vacances et un environnement privilégié. Ce phénomène de migrations d’agrément revêt différentes formes, et s’offre à deux focales de lecture : un paradigme individuel par lequel on s’intéresse aux projets migratoires des individus, et un paradigme territorial où l’angle d’attaque sera ce que « font » les migrations d’agrément aux territoires ruraux et montagnards.

- Mélissa Elbez, doctorante en anthropologie sociale (EHESS, IRIS)
Les hippies de Tulum (Mexique) : « population flottante » marginalisée ou/et référence pour l’identité locale  ?

Située sur la côte caraïbe mexicaine à deux heures au sud de Cancun, Tulum est une destination écotouristique dotée d’un site archéologique maya, prisée par les amateurs de spiritualité New Age. Peuplée majoritairement de migrants nationaux et internationaux, elle dispose d’une importante « population flottante » qui mène un mode de vie mobile : travailleurs saisonniers, artisans nomades, habitués qui partagent leur année entre Tulum et leur pays natal, etc. En outre, un nombre non négligeable d’habitants ont d’abord connu Tulum en tant que touristes, tandis d’autres ont fait l’expérience du tourisme suite à des rencontres faites sur place. La frontière entre touristes et résidents est donc floue à Tulum, et ce d’autant plus que l’identité de tuluméen semble avoir été construite en référence aux voyageurs hippies qui se sont installés sur ses plages à partir des années 1980. Dans cette communication, il sera question de la position ambivalente de cette catégorie de la population, qui oscille entre marginalisation sociale et position centrale de référent identitaire. Nous nous interrogerons sur les raisons sociohistoriques de la construction du hippy comme figure anti-nationale, réprimée par les autorités, et sur l’utilité parallèle de cette catégorie mobile pour des dirigeants politiques, dont le cas de Tulum témoigne.

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