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Tourisme : recherches, institutions, pratiques

Séance du 13 décembre 2018, 17h à 20h
Université Paris-Descartes, 45 rue des Saints-Pères 75006 Paris

  • Olivier Evrard, chargé de recherche à l’IRD, Paloc,
    « Dynamiques d’intégration et de marginalisation dans l’économie touristique : le cas du trekking chez les minorités en Thaïlande »

présentation :
Olivier Evrard présentera les résultats d’une enquête qu’il a menée en Thaïlande sur les formes et les implications du trekking dans les villages montagnards de la province de Chiang Mai, l’une des plus anciennes destinations en Asie pour ce type de tourisme. La première partie de la présentation, basée sur l’analyse des statistiques disponibles localement et sur des entretiens avec des responsables de l’industrie touristique régionale permettra d’en comprendre la structuration et l’évolution historique. Elle en montrera notamment la très grande concentration géographique et économique ainsi que les inégalités et les contradictions qui en définissent les dynamiques. La deuxième partie de la présentation s’appuiera sur les enquêtes de terrain menées dans un petit nombre de villages. Celles-ci ont montré qu’il existait dans ce contexte différents types de trajectoires pour les villages d’accueil, trajectoires liées en partie aux caractéristiques sociales des communautés et en partie au rôle moteur (ou à l’absence) d’entrepreneurs ethniques.

  • Brenda le Bigot, maîtresse de conférences à l’université de Poitiers, Migrinter
    « Les visas Vacances-Travail : du tourisme à la sélection migratoire ? »

Présentation :
La présentation s’inscrit dans la formulation d’un projet de recherche proposant un nouvel éclairage sur la gouvernance internationale des mobilités. Tandis que des dispositifs de contrôle migratoire bloquent les mouvements de migrants « non-désirés », d’autres migrants, eux « désirés », sont incités à la mobilité par d’autres dispositifs, tels que les visas Vacances-Travail, sur lesquels portent le projet. Ces visas reposent sur des accords bilatéraux proposant aux moins de 30 ans, résidents de pays développés, de séjourner un an dans un autre pays avec la possibilité d’y travailler dans un secteur en manque de main-d’œuvre. Existant en Australie depuis 1975, ce programme est aujourd’hui ouvert, par exemple pour un jeune Français, dans 14 destinations. Alors que 162 000 jeunes étaient accueillis en Australie en 2012 à travers ce dispositif, les chercheurs australiens considèrent que ces programmes, sous couvert d’un lexique de l’expérience et du tourisme, relèvent en fait largement d’une politique de libéralisation du marché de l’emploi et d’une sélection migratoire, permettant de se passer en partie des travailleurs immigrés du Pacifique. Ce projet de recherche, en souhaitant investir notamment les autres situations nationales où ces visas se développent, a pour objectif d’éclairer les rapports de pouvoir internationaux qui se jouent derrière ces programmes de mobilité. Au stade liminaire et encore exploratoire de la mise en œuvre du projet, cette présentation souhaite mettre en discussion le cadrage problématique et méthodologiques qui sous-tend ce projet ainsi que les premières observations récoltées.

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