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Tuer à la tâche ; économie politique de la sous-traitance dans le secteur forestier sud-africain

Soutenance de thèse de Nicolas Pons-Vignon
Directeur de thèse, Jean Copans
Le 26 juin 2014, à 14h, 105 boulevard Raspail, salle 2, 75006 Paris

Jury :
- Jean COPANS – Professeur émérite, Université Paris 5-René Descartes
- Jacques SAPIR – Professeur et Directeur de recherches, EHESS
- Jean-Pierre CLING (rapporteur) – Chargé de mission, Ministère des Affaires Etrangères
- William FREUND (rapporteur) – Professeur émérite, Université du KwaZulu Natal
- Philippe GERVAIS-LAMBONY – Professeur, Université Paris 10-Ouest

Résumé :
Cette étude montre que la sous-traitance mise en œuvre dans le secteur forestier sud-africain depuis les années 1980, remplaçant des structures verticales par une myriade d’entrepreneurs, l’a affaibli économiquement. Davantage qu’une conséquence regrettable, la précarisation des ouvriers a constitué une motivation essentielle de la restructuration. Celle-ci a pris la forme d’une sous-traitance en chaine qui s’appuie sur une rémunération à la tâche dans laquelle les salaires sont le reliquat des profits. L’incapacité des ouvriers précarisés à s’organiser a permis aux grandes entreprises de transformation dominant le secteur de restaurer leur pouvoir autoritaire sur le procès de production, qu’elles avaient craint de voir érodé suite aux mobilisations syndicales des années 1980.

L’originalité de cette « étude de cas étendue » est d’avoir adopté une perspective par le bas, mettant les ouvriers au centre de l’analyse. Cette approche a permis de donner à voir la restructuration de l’économie sud-africaine du point de vue de ceux qui en sont les premiers affectés – les ouvriers –, mais dont l’invisibilité reflète la résistance à reconnaitre la violence des relations sociales de production capitalistes dans les zones rurales. Le désarroi des ouvriers forestiers n’empêche pas les plantations d’être certifiées pour leur bonne gestion sociale.

Les approches dominantes de la pauvreté, en tentant de l’abstraire des relations de production et d’exploitation qui la constituent, sont non seulement inutiles mais nuisibles pour les pauvres. La forme de la précarisation à laquelle ils sont soumis ne laisse aux ouvriers forestiers que peu de marge de résistance individuelle ou collective.

Mots-clefs :
Sous-traitance ; foresterie ; Afrique du Sud ; tâcheronnat ; pauvreté ; précarisation du travail ; externalisation ; économie du développement.