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Séminaire de l’IMAF-Aix, 2014-2015

Séminaire de laboratoire du site d’Aix, coordonné par Henri Médard et Sandra Fancello

De 14h à 16h30
Le jeudi au 1er semestre,
Le mercredi au 2è semestre

Programme

- Jeudi 16 octobre 2014 : Introduction et présentation du séminaire
14h-16h, salle Paul-Albert Février.

- Jeudi 20 novembre : Expériences de chercheurs en Éthiopie
Manuel Joao Ramos (Univ. Lisbonne) et Hervé Pennec (IMAf Aix)
« La colle ne prend pas toujours » entre l’archéologie, l’histoire et l’anthropologie à Gondar (Ethiopie).
salle Georges Duby

- Jeudi 18 décembre : Santé publique et stratégies d’acteurs
salle Georges Duby
Albert Legrand-Fosso (Univ. Yaoundé), Les politiques de lutte contre le paludisme à l’ère de la santé comme bien public mondial : une ethnographie de la prise de décisions au Cameroun.
Résumé  : L’émergence à la fin des années 90 du concept de « santé comme bien public mondial », porté tant par les milieux de la recherche que par les institutions internationales, et l’avènement des « Programmes de santé » en Afrique marquent le début d’une nouvelle ère dans le domaine des politiques de santé. L’exploration anthropologique de la mise en œuvre (implémentation) de l’action publique en matière de lutte contre le paludisme au Cameroun révèle que l’introduction de ces nouveaux paradigmes est révélatrice des pratiques sociales et de « manières de faire » dans un univers de négociation marqué par un enchâssement socio-médical ainsi que par la domination des « normes pratiques » sur les normes officielles.

Agnès Lainé (IMAf Paris), Politiser la maladie : de la ségrégation à l’internationalisation de la drépanocytose.
Résumé  : La drépanocytose, maladie génétique ancienne dans les pays du Sud, présente des caractéristiques qui en font une maladie racialisée dans les pays habités par des populations d’origines diverses et souvent entourée de silence. L’accès au soin est un combat peu soutenu par les Etats africains. Mais depuis le début des années 2000, on assiste à une mobilisation de soignants et d’associations de patients pour faire émerger cette pathologie comme priorité de santé publique internationale, de façon à peser sur les politiques nationales et de coopération. A partir de données d’observations issues d’une implication de longue durée dans les milieux médicaux et associatifs, nous tenterons d’appréhender ces stratégies d’acteurs pour faire d’une maladie une « cause » sanitaire.

- Mercredi 21 janvier 2015 : Accès aux ressources et tensions socio-politiques au Sahel
salle Georges Duby

Vincent Bonnecase (LAM, Bordeaux), Colère et vie chère au Burkina Faso
Résumé  : Si l’actualité politique du Burkina Faso a amené se focaliser la chute du régime de Blaise Compaoré, on ne saurait comprendre les derniers événements sans les rapporter à d’autres raisons de la colère. L’une de ces raisons est sans conteste « la vie chère », laquelle a pris depuis une vingtaine d’années une place importante dans les mobilisations sociales tout au moins dans les villes du pays, mais aussi dans la manière dont on peut exprimer « ce qui ne va pas » dans des arènes plus discrètes en dehors des espaces de mobilisations. Nous tenterons ici de comprendre la place de la vie chère dans l’expression de la colère au Burkina Faso sous trois angles différents. Le premier consistera à interroger la manière dont le prix des choses – ou plutôt, de certaines choses – concourt à lier des colères individuelles fondamentalement hétérogènes et à produire de la colère sociale. Le second angle amènera à montrer ce que cette colère doit à l’histoire, et en particulier à une longue histoire de la politique des prix, laquelle a concouru à susciter des attentes normatives vis-à-vis de l’État et de ses fonctions régulatrices. Le troisième consistera à questionner, en mobilisant des outils de la sociologie des mobilisations, ce qui se joue dans les moments de passage de la colère diffuse à la colère ouverte face à la vie chère, à l’instar de ce qui a pu se passer lors de ce qu’on a appelé les « émeutes de la faim » en 2008.

Charles Grémont (LPED, Marseille), L’accès aux ressources agricoles et pastorales, un enjeu oublié des violences contemporaines au Nord-Mali.
Résumé  : La situation de crise et de guerre que traversent les populations des régions du Nord-Mali (et le Mali en général), ne tient pas seulement à une offensive « djihadiste » d’origine extérieure, ou à une explosion des trafics illicites, ou encore à la lutte autonomiste menée par des mouvements armés touaregs et arabes. La crise est profonde, complexe et multiformes. Elle révèle aussi et cristallise des concurrences locales dont l’enjeu est l’accès aux ressources agricoles et pastorales. Cette dimension cruciale et quotidienne pour la majorité des populations est généralement occultée par les media et les avis d’experts (qui se multiplient). Elle sera au centre de cette communication. Il sera d’abord rappelé que dans les années 1990, déjà, les violences intercommunautaires qui avaient surgi, à la suite d’une autre rébellion, n’étaient pas étrangères à des transformations foncières dans la vallée du fleuve Niger. Et aujourd’hui encore, les ralliements aux différents groupes armés (souvent opposés entre eux) éclairent l’âpreté des rivalités pour la maîtrise des terres, des pâturages et des axes de communication.

- Mercredi 11 février : Questions foncières en Afrique
salle Paul-Albert Février
Valérie Golaz (CEPED), Cadastre, tenure foncière et rapports de pouvoir en Ouganda (1900-2014)
Résumé  : Au Buganda, dans la région centrale de l’Ouganda, un cadastre a été mis en place en 1900. Ce cadastre est celui d’un système foncier particulier, le « mailo », dans lequel l’État reconnait sur la même parcelle deux niveaux de propriété, tous deux héréditaires et transmissibles, celui du détenteur du titre de propriété et celui des utilisateurs de la terre. À partir d’une analyse des sources cadastrales et d’enquêtes de terrain menées dans une zone rurale proche de Kampala, nous montrerons le flou qui réside autour de la propriété foncière du fait de la coexistence de droits différents mais aussi du faible enregistrement des droits d’usages et des transactions foncières à travers le temps. Sous couvert de protection d’intérêts collectifs, alors même que le morcellement s’intensifie, la transmission des titres de propriété se limite de plus en plus aux descendants directs et aux fils. Les transformations du système foncier, presque indépendantes des réformes foncières successives, sont dominées par les logiques du marché.

Jean Schmitz (IMAf Paris), Le cadastrage problématique d’une plaine inondée africaine : l’exemple des terres de la vallée du Sénégal.
Résumé  : Nous analyserons un terroir de la vallée du Sénégal à trois périodes différentes. Cette zone est une plaine inondée qui permettait l’association des cultures pluviales (en hivernage) et des "cultures de décrue" (en saison sèche). D’où l’implantation d’un imamat au XIXe siècle dirigé par des agropasteurs musulmans, point de départ de plusieurs djihâd vers l’est (al-Hâjj Umar) et dans la Sénégambie. Dans une seconde période l’introduction de la riziculture dans le cadre de petits périmètres irrigués villageois gérés par une société semi-publique donna aux descendants d’esclaves l’accès à la terre des périmètres. Dans une troisième période succédant aux tragiques événements de 1989, le retrait des bailleurs de fonds permet aux "maîtres de la terre" de reprendre la main et d’implanter des périmètres privés dans les limites des champs de décrue. Ceux-ci bien que quasiment plus cultivés à partir de la construction des barrages (1986), ne sont connues que dans les "cartes mentales" des villageois associant un champ à une généalogie.

- Mercredi 15 avril : Présentation des travaux des étudiants
salle Georges Duby
- Alison Morano, La migration comorienne à Mayotte : acteurs, processus et représentations.
- Mathias Gerecht, Race et religion en Ankolé (Ouganda) : Les représentations des Bairu et des Bahima chez les missionnaires catholiques.
- Tom Briaud, Être "vieux", être "vieille" au Burkina Faso. Vieillesses, relations intergénérationnelles et protections sociales.

- Mercredi 13 mai, Crises et conflits en Afrique centrale
Luca Jourdan (Univ. Bologne), Pris dans les limbes : La diaspora érythréenne à Kampala (Ouganda).
Élisabeth Dorier (LPED Marseille), Acteurs et territoires du post conflit en République du Congo.
salle Georges Duby