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Les arts en Afrique et dans ses diasporas : pratiques, savoirs, mobilités

Séance du 24 janvier 2019, 19h30 à 21h30
Cité internationale des arts, 18 rue de l’Hôtel de Ville, 75004 Paris (auditorium)

- Oulimata Gueye est commissaire d’exposition et travaille sur les cultures numériques. Parmi ses domaines d’investigation, elle développe Africa sf, sur la place de la science sur le continent africain et les potentiels de la fiction comme espace et outil d’analyse et de projection ; Afrocyberféminismes, sur les questions de racialisation et de genre dans les technologies numériques ; et Utopies Non Alignées, sur les initiatives africaines qui pensent les technologies et les sciences dans une perspective de non alignement sur les modèles dominants et de réappropriation des moyens d’action.

Résumé :
Il est admis que la révolution numérique prend naissance et se développe au XXe siècle entre l’Europe et les États-Unis. Cette histoire officielle a déjà ses figures emblématiques, qu’elles soient issues du monde de la recherche, de la contre-culture ou de l’entrepreneuriat.
Or ce récit est mis à mal depuis quelques années par des chercheurs, des artistes et des hacktivistes qui dénoncent son occidentalo-centrisme et déconstruisent les mythes et utopies qui ont accompagné le développement des technologies numériques à l’échelle mondiale. La relecture critique en cours, met en évidence les processus de contrôle et d’exploitation ainsi que les biais des technologies numériques. Elle réhabilite des apports scientifiques oubliés ou invisibilisés. Surtout, elle déplace les cadres de réflexion et pourrait aboutir à l’élaboration de nouvelles utopies. Ce mouvement est très présent dans la sphère extra-occidentale et sur le continent africain mais aussi dans les diasporas. Il met en lumière les nouvelles figures de la contestation et le travail d’acteurs longtemps relégués dans des angles morts, qui n’ont cependant jamais cessé de penser, bricoler et détourner les technologies pour des usages inédits et à des fins d’émancipation ?
Comment organiser, depuis « les Suds », une guerre de décolonisation du Net, une « cyber résistance » comme le prône l’artiste Tabita Rezaire ? Est-il possible de concevoir et de développer des technologies et des pratiques numériques qui ne soient pas alignées sur des modèles hégémoniques et néocolonialistes ? Les technologies numériques sont-elles uniquement le produit de la culture occidentale ? Quels sont les laboratoires des pratiques alternatives ? D’autres futurs sont-il possibles, souhaitables en dehors des technologies numériques ? Peut-on encore penser en termes d’utopies ?

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