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Combats de bâtons de Trinidad. Une anthropologie de l’honneur

Soutenance de thèse de Florabelle Spielmann
Directeur de thèse, Michel Agier
Le 16 septembre 2014, à 14h, 105 boulevard Raspail, salle 2, 75006 Paris

Jury :
- Michel Agier, Directeur d’études EHESS
- Jean-Luc Bonniol, Professeur d’université émérite à l’Université d’Aix-Marseille
- Myriam Cottias, Directrice de recherches au CNRS
- Elisabeth Cunin, Chargée de Recherches HDR à l’IRD
- Denis-Constant Martin, Directeur de recherche, Fondation Nationale de Sciences Politiques

Résumé :
À Trinidad, les joueurs de bâtons (stick-fighters) se mesurent chaque année dans le cadre de combats organisés pendant la saison de carnaval. Chaque assaut se caractérise par un coup de bâton porté par l’un des assaillants en direction de la tête de son adversaire, obligeant ce dernier à se défendre. Les combats durent cinq minutes tout au plus et s’arrêtent au premier sang versé.

Par-delà la mise en jeu de l’intégrité corporelle, les combats de bâtons sont l’objet d’une passion indéfectible de la part des stick-fighters et de celles et ceux qui se retrouvent chaque année pendant la saison de carnaval autour de cette pratique. La matière ethnographique rend compte d’un ensemble d’éléments qui lient et identifient cette communauté rituelle, des constructions sociales spécifiques sédimentent le collectif.

Les catégories de pensées et d’actions qui donnent sens au matériau collecté font état de la prédominance de la notion d’honneur, une notion d’honneur qui s’enracine dans une construction territorialisée des identités. Les construits identitaires des stick fighters et des membres de la communauté s’élaborent à partir du territoire de leur lignée familiale. Ce territoire d’appartenance est à la source des processus d’identification/différenciation qui sont les leurs dans le vécu qu’ils ont de cette pratique.

Le bâton est le signe distinctif d’un ordre guerrier dans lequel on entre par la naissance et auquel on reste lié jusqu’à la mort. Mettant en jeu le prestige du stick fighter, de sa famille, de son village ou de son quartier, les combats de bâtons sont l’expression d’un corpus de valeurs partagé par le groupe. L’exercice de ces combats relève d’une éthique martiale où les vertus guerrières font l’objet d’une performance. L’anthropologie de l’honneur proposée dans le cadre de ce travail de recherche renseigne ainsi sur les processus de construction d’identités sociales et culturelles à l’œuvre au sein des Amériques noires.

Mots-clefs :
Trinidad, carnaval, rituel, Amériques noires, diaspora, créole, postcolonial, identité, territoire, honneur, martial, combat, bâton, tambours, chants calinda, performance