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Les arts en Afrique et dans ses diasporas : pratiques, savoirs, mobilités

Séance du 18 avril 2019, 19h30 à 21h30
Cité internationale des arts, 18, rue de l’Hôtel de Ville, 75004 Paris (auditorium)

- N’Goné Fall
« Critical Voices »

Diplômée de l’École Spéciale d’Architecture à Paris, N’Goné Fall est une commissaire d’expositions sénégalaise, essayiste et consultante en ingénierie culturelle. Critique d’art, elle a été la directrice de la rédaction du magazine d’art contemporain africain « Revue Noire » de 1994 à 2001. Elle a dirigé des ouvrages sur les arts visuels contemporains en Afrique et a également conçu des expositions en Afrique, en Europe et aux États-Unis. N’Goné Fall a été professeure associée à l’université Senghor d’Alexandrie en Égypte, au département des industries culturelles, de 2007 à 2011. En sa qualité de consultante en ingénierie culturelle, elle est l’auteur de plans stratégiques, de programmes d’orientation et de rapports d’évaluation pour des institutions culturelles sénégalaises mais également à l’international. Elle est également cofondatrice du collectif Gaw-Lab de Dakar, une plateforme de recherche et de production dans les nouveaux médias et les arts visuels. N’Goné Fall est Commissaire générale de la Saison Africa 2020.

Résumé :
Dans Le monde s’effondre, roman révolutionnaire de 1958, l’auteur nigérian Chinua Achebe, met en scène le déclin d’un homme qui lutte obstinément contre la mutation de sa société. Ironiquement, cette histoire du XIXe siècle semble narguer le monde d’aujourd’hui. Car la suppression actuelle des frontières rendue virtuellement possible grâce à Internet - à l’instar de la (re)découverte de terres les siècles passés - a, au lieu d’ouvrir un royaume infini de rencontres inspirantes, créé un vaste carrefour de conflits fratricides. Ce contexte troublant basé sur le contrôle du pouvoir, l’ostracisme et la peur peut nous amener à conclure que l’Autre n’est ni notre frère ni notre soeur, ne l’a jamais été et ne le sera jamais. C’est un ennemi à neutraliser ou à détruire afin de maintenir notre propre système de valeurs vivant et intact. Et peu importe si ce meurtre nécessite notre propre perte.

Quand le monde s’effondre : voix critiques sur les radars est une métaphore du roman d’Achebe. Mais au lieu de mettre en scène la dichotomie géopolitique, économique, socioculturelle et religieuse d’une relation hostile basée sur « nous » versus « eux », l’exposition analyse nos pathologies chroniques communes. Construit comme une série d’appels au réveil, ce projet nous dit que le peu que nous avons retenu de l’histoire pourrait être la raison pour laquelle les sociétés du monde entier créent leur propre Némésis en vivant dans un état quasi constant d’intolérance, de repli sur soi et de peur. Utilisant l’humour, la poésie, la protestation radicale ou le jeu de rôle interactif, 12 voix posent un regard critique sur un monde à la dérive pour souligner la nécessité vitale d’apprendre à vivre ensemble, car la survie des communautés est en jeu, car la survie de l’humanité est en jeu. Parce que les êtres humains, architectes de leur passé et de leur présent, se comportent comme des fossoyeurs tragiques de leur propre destin.

Quand le monde s’effondre : voix critiques sur les radars est une plateforme pour des artistes qui prennent radicalement position pour un changement salutaire de mentalité et d’attitude. Elle examine comment leurs positions et leurs voix sont un avertissement pour des sociétés dans la tempête. Si certains d’entre eux exigent la Justice Équitable et le Changement Social en s’attaquant aux questions de genre, de race, de sexualité, de politique, de démocratie et de développement humain ; d’autres embrassent une cause humanitaire de portée mondiale avec une Empathie qui élèvera l’humanité, redéfinira l’altérité, réhabilitera la solidarité et nous conduira à croire que le meilleur est à venir.

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