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De Thiaroye, on aperçoit l’île de Gorée. Histoire, anthropologie et mémoire d’un massacre colonial au Sénégal

Soutenance de thèse de Martin Mourre
Directeur de thèse, Elikia M’Bokolo, en cotutelle avec Bob White
Le 18 novembre 2014, à 10h30, salle 08, 105 bd Raspail, 75006 Paris

Jury :
- Elikia M’Bokolo, directeur d’études à l’EHESS
- Bob White, professeur à l’université de Montréal
- Gilles Bibeau, professeur à l’université de Montréal
- Gaetano Ciarcia, professeur à l’université de Montpellier 3
- Grégory Mann, professeur à Columbia university, New-York

Résumé :
Cette thèse, au croisement de l’histoire et de l’anthropologie, prend pour objet les représentations d’un massacre colonial, la répression sanglante de tirailleurs sénégalais survenue au camp de Thiaroye, à proximité de Dakar, le 1er décembre 1944. Il s’agit d’abord de mieux documenter l’événement historique lui-même qui, soixante-dix ans après les faits, reste un sujet de controverse historiographique. D’autre part, inscrire les réappropriations passées et actuelles de ce drame dans diverses temporalités donne à lire la trajectoire de la nation sénégalaise postcoloniale à travers le prisme de la mobilisation de référents historiques. Ce travail sur la mémoire de cet événement s’appuie sur plus de soixante entretiens, l’analyse des œuvres d’art traitant de cet événement, un travail d’archives – des sources coloniales mais aussi différents journaux depuis 1945 jusqu’à aujourd’hui –, enfin une dimension ethnographique de recherche action, notamment auprès de lycéens sénégalais. Aujourd’hui, au Sénégal, les représentations attachées à l’événement du 1er décembre 1944 apparaissent comme un des paradigmes de la mémoire coloniale. Tenter de décrire ces usages du passé sur plus de soixante-dix ans permet alors d’envisager l’articulation entre des mémoires dominantes – officielles ou non –, des formes particulières de rappel du passé et le rôle de ce passé dans certaines dynamiques identitaires.

Mots-clefs :
Tirailleurs sénégalais, répression coloniale, honneur, mémoire collective, Sénégal, interdisciplinarité, mobilisations sociales, postcolonialisme