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Les Afriques dans la longue durée : acteurs, savoirs, pratiques (XVe-XXe siècle)

Séminaire de Catarina Madeira-Santos, maître de conférences à l’EHESS ; avec Elikia M’Bokolo, directeur d’études à l’EHESS.

Année universitaire 2014/2015
Périodicité : 1er et 3e lundis du mois de 15 h à 18 h
Localisation : Site Raspail / IMAf, salle de réunion, 2e étage, 96 bd Raspail
Calendrier : Du 17 novembre 2014 au 1er juin 2015

Présentation :
Le séminaire reprendra la problématique générale proposée l’année dernière, en l’enrichissant par la présentation de nouvelles méthodologies et études de cas, résultant du développement de nos recherches personnelles en cours. Notre propos est de penser l’histoire de l’Afrique, en privilégiant deux approches complémentaires. La première met en avant les différents avatars historiques et historiographiques du continent : les Afriques imaginaires, l’Afrique en Afrique et les Afriques d’ailleurs. La seconde situe la réflexion dans une « échelle » temporelle de longue durée, nécessaire pour saisir des processus qui, autrement, seraient « invisibles », malgré leur relation avec la moyenne et la courte durée. Cette option résulte de plusieurs constats. Il s’agit d’abord de la prépondérance des études sur la période contemporaine, concernant notamment les territoires sous domination française, anglaise et belge, au détriment d’une chronologie plus étalée et des problématiques qu’elle recèle et qui, cependant, ressortent des matériaux archivistiques et historiographiques issus de la colonisation portugaise. Vient ensuite l’importance accordée aux études impériales, où l’épaisseur de l’histoire et, par conséquent, la résilience des dynamiques interafricaines n’apparait, au mieux, que dans un lointain et vague arrière-plan. Enfin, la multiplication, par ailleurs opportune, des travaux sur le « temps présent » frappe à la fois par leur insistance sur les contraintes et les opportunités d’un environnement international « mondialisé » et sur les nouveautés apparemment irréductibles des « situations » africaines. Or, entre l’histoire dite « précoloniale » (la question restant posée de savoir quand se termine le « pré »colonial par rapport au « colonial »), l’installation des systèmes coloniaux formels, à la fin du XIXe siècle, et les enjeux de la « postcolonialité », se déroule un temps long dans lequel se sont produites des interactions, voire des (re)créations, aussi bien entre « l’Afrique en Afrique » et « les Afriques d’ailleurs » qu’entre les sociétés africaines et les pouvoirs coloniaux, le tout dans des relations complexes de négociation, de dialogue et de confrontation. Les acteurs, africains ou coloniaux (catégories hétérogènes par définition, ouvertes sans cesse à l’émergence de nouveaux rôles sociaux), les savoirs (transmis, appropriés, reconfigurés) et les pratiques (la résistance, la négociation, la reconversion) constituent autant de « lieux » à partir desquels se déploiera notre réflexion. Ainsi seront repris et reformulés des questionnements et des propositions sur lesquels nous travaillons depuis quelque temps, à partir, entre autres, de l’histoire de l’Afrique sous colonisation portugaise et de celle des mouvements panafricanistes, à la convergence des multiples Afriques.