IMAF - Institut des mondes africains


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Penser le temps et écrire l’histoire de l’Afrique

Séance du 5 novembre 2014, 17h à 19h
Site Malher, salle 206 (Person), 9 rue Malher, 75004 Paris

- Jacob Durieux (Paris 1/IMAF)
Le problème historique Libyco-Berbère

Résumé :
Ce que recouvre l’expression Libyco-Berbère possède plusieurs aspects. Selon les auteurs et les disciplines qui font usage du mot, le terme a valeur linguistique, culturelle, chronologique, sans que ces multiples définitions coïncident rigoureusement. Sur le plan historique, le concept remet en question les limites posées entre protohistoire, Antiquité et Moyen-âge, terme dont l’usage pour des réalités extra-européennes manque d’une validité établie. L’ambiguïté est construite dans le mot lui-même aux racines grecques (c’est Hérodote qui fait des Africains du Nord des Libyens) et arabes (Ibn Khaldoun fait des Berbères un de ces sujets d’études les plus remarqués), visant une entité culturelle multiséculaire dont la réalité a évolué au cours du temps. Les épigraphes ont forgé le mot pour désigner les inscriptions antiques en langue vernaculaire découvertes principalement dans les nécropoles de Tunisie et d’Algérie. Les archéologues rupestres, le leur empruntant, l’ont utilisé pour nommer les inscriptions indéchiffrables qui accompagnent les gravures rupestres de cavaliers dans toute l’Afrique du Nord et au Sahara. Cet usage a été élargi à la période de réalisation des gravures de cavaliers, qui débute pourtant avant l’usage de l’écriture et se prolonge après l’introduction de la langue arabe dans le répertoire gravé. Cet élargissement à aussi provoqué la confusion entre des entités sociales assez diverses que l’on a artificiellement rassemblées sous le vocable de Berbère du fait de leur usage des dialectes d’un groupe linguistique commun. Au final, ce problème de périodisation et d’inscription de ce concept transdisciplinaire dans une définition articulée manque et rend son usage périlleux puisque imprécis. Le séminaire sera l’occasion d’analyser les usages particuliers à chaque discipline, leur évolution dans les publications et leur composante méthodologique afin de se prémunir contre un emploi inadéquat du terme Libyco-Berbère et de pouvoir prendre en compte les subtilités terminologiques de la chronologie pour en user correctement.

Discutante : Soléna Cheny, doctorante à l’Inalco (LACNAD)

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