IMAF - Institut des mondes africains


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L’Etat documentaire et les mondes du papier en Afrique

Séminaire organisé par Séverine Awenengo Dalberto (IMAF), Aïssatou Mbodj-Pouye (IMAF) et Richard Banégas (CERI)

Année universitaire 2014/2015
Périodicité : mensuel, le lundi, de 14h à 16h
Localisation : IMAF- site Malher, Salle Person, 2e étage, 9 rue Mahler 75004 Paris ; ou CERI, 56 rue Jacob, 75006 Paris
Calendrier : Du 24 novembre 2014 au 8 juin 2015

Programme

- 24 novembre 2014, CERI, salle Jean Monnet
Côte d’Ivoire : une guerre de papiers ?
Richard Banégas, CERI et Armando Cutolo, Université de Sienne

- 15 décembre 2014, CERI, salle du Conseil
Autodafés de papiers au Nord-Cameroun. Produire le sujet national aux marges de l’État à l’épreuve de la guerre
Claude Mbowou, Université Paris 1

- 26 janvier 2015, IMAF, salle Person
Les petits papiers, l’urne et le cachet : une table des matières du politique au Burundi à la veille de l’indépendance (1959-1962)
Christine Deslaurier, IRD, IMAF

- 2 mars 2015, CERI, salle Jean Monnet (RDC)
Des nationalités en papiers à Djibouti (1945-2004)
Simon Imbert-Vier, IMAF

- 30 mars 2015, IMAF, salle Person
Seance reportée

- 13 avril 2015, CERI, salle à préciser
Autour de son ouvrage Biometric State : The Global Politics of Identification and Surveillance in South Africa, 1850 to the Present ?
Keith Breckenridge, University of the Witwatersrand

- 11 mai 2015, IMAF, salle Person - séance reportée au 1er juin
« Mon cher gouverneur » - Engagement militaire et droit à la citoyenneté française. Une analyse de lettres de tirailleurs envoyées au gouverneur du Dahomey pendant la Première Guerre mondiale
Cécile Van den Avenne, IMAF & ENS-Lyon

- 8 juin 2015
Bilan du séminaire & intervention à confirmer

Présentation

Ce séminaire propose de réfléchir aux manières d’étudier la « gouvernementalité écrite » en Afrique, en prenant appui sur des travaux historiques et contemporains. L’enjeu est de comprendre la façon dont des dispositifs d’écriture et leur traduction matérielle ont à la fois permis la prise sur des sociétés et des individus et l’émergence de nouvelles subjectivités. Des travaux récents ont souligné le rôle de certaines pratiques de l’écrit (mise en carte, recensement, enregistrement des personnes et des biens) en particulier celles liées à l’identification, dans les processus de conquête puis de colonisation. L’objet du séminaire est de faire le point sur ces nouvelles approches, en les mettant en rapport avec des travaux sur des terrains contemporains. L’enjeu est de penser l’ambivalence de processus qui ne sont pas de l’ordre d’une imposition pure et simple sur des sociétés qui auraient été incapables de s’emparer d’un « monde du papier ». Il s’agira au contraire d’explorer la pluralité des instances de production documentaire et la complexité des rapports que les individus nouent à ces documents et institutions.
L’objet du séminaire est de faire dialoguer des travaux d’horizons divers, notamment ceux sur l’administration, la bureaucratie et la citoyenneté avec les études de la culture écrite et matérielle, afin d’éclairer les reconfigurations de l’interface entre Etat et individus, familles, et autres collectifs, autour du rapport au document. Nous incluons dans le registre bureaucratique aussi bien ce qui émane de l’administration stricto sensu, que ce qui circule dans les sphères scolaires, juridiques ou médicales d’interventions de l’Etat – ou de sa contestation. Au-delà de l’espace du bureau ou du service, nous proposons aussi de considérer ce qu’on peut appeler des « processus de bureaucratisation informels », en nous interrogeant notamment sur les significations des emprunts de l’apparat bureaucratique (tampons, papier à en-tête, signature, etc.) et de sa formalisation à d’autres contextes.
D’un point de vue théorique, nous identifierons les apports du « material turn », qu’on constate en histoire comme en anthropologie, à l’étude des documents et de leurs effets. La prise en compte de la matérialité confronte le chercheur à des défis méthodologiques ; un des enjeux du séminaire sera notamment d’élaborer un outillage qui prenne en compte la texture linguistique, les formats graphiques, les genres et modèles imprimés, les supports, la portabilité, les lieux de conservation et de circulation des documents. Il s’agira aussi de s’intéresser aux usages de ces documents par les individus, comme ressources stratégiques mais pas uniquement : nous voudrions par exemple en saisir les dimensions affectives.
La spécificité des « papiers » nous orientera notamment vers l’étude des signes de validation et d’authentification. Il s’agira aussi d’être attentif aux effets de l’absence de documents ou encore aux diverses formes de falsification du document officiel, ainsi qu’aux transformations de ces objets à l’ère du numérique. Une veine d’investigation particulièrement riche est celle des travaux sur l’écrit et la mobilité (géographique, sociale, statutaire), avec des études historiques sur les permis de circulation ou les papiers d’affranchissements mais aussi des travaux sur les régimes documentaires de l’(im)mobilité et de la citoyenneté, entendue au sens large (carte d’identité nationale, d’électeur, carte de parti politique, etc.). Développées principalement à partir des terrains européens et américains, ces réflexions méritent d’être réévaluées à l’aune des expériences africaines coloniales et postcoloniales.
Le séminaire bénéficie du soutien de l’IMAF-Malher, du CERI et du Joint African Studies Programme (JASP).

Contacts :
sawenengo@yahoo.fr
mbodj@cnrs.fr
richard.banegas@sciencespo.fr