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Libre et sans fers. Paroles d’esclaves français. Antilles/Réunion

Bruno Maillard, Frédéric Régent et Gilda Gonfier, Fayard, collection Histoire, 2015.

Ils s’appellent Cécilia, Maximin Daga, Jean-Baptiste ou Lindor… Tous sont esclaves en Guadeloupe, à la Réunion et en Martinique dans la première moitié du XIXe siècle. Ils s’expriment, « libres et sans fers », selon l’expression consacrée des tribunaux, lors de procès tenus en raison de larcins, de rixes, de mauvais traitements, parfois de meurtres. Leurs témoignages inédits racontent le quotidien de ces hommes, femmes et enfants, soumis aux châtiments les plus rudes qui entretenaient la terreur et provoquaient parfois la mort.
Ces précieux fragments de vie éclairent les conditions de vie des esclaves sur les plantations et en dehors, les liens qui les unissent à leurs pairs (solidarité mais aussi violence) ou à leurs maîtres et commandeurs, leur culture et les moments privilégiés où ils peuvent échapper aux impératifs de leur statut. Ni rebelles obsédés par la destruction de la société coloniale ni aliénés, ils projettent une humanité digne face à des maîtres qui le plus souvent refusent de renoncer au pouvoir absolu sur cette main-d’œuvre jusqu’au bout assimilée à leur propriété.

- Frédéric Régent est maître de conférences à l’université Paris 1-Panthéon- Sorbonne. Il est rattaché à l’Institut d’histoire de la Révolution française et à l’Institut d’histoire moderne et contemporaine (CNRS, ENS, Paris 1).
- Gilda Gonfier est directrice de la médiathèque de la ville du Gosier (Guadeloupe) et consacre des recherches aux procès d’esclaves.
- Docteur en histoire, Bruno Maillard est chercheur associé au CRESOI/ Université de la Réunion, chargé d’enseignement à l’université de Paris-Est Créteil et conseiller scientifique au sein de l’association Protea.