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Une monarchie dans un Etat postcolonial. Anthropologie de la royauté à Oussouye (Casamance/Sénégal)

Soutenance de thèse de Jean-Baptiste Manga
Directeur de thèse : Elikia M’Bokolo
Le 5 février 2015, 10h, IMAF, salle de réunion, 2è étage, 96 bd Raspail, 75006 Paris

Jury :
Kadya Emmanuelle Tall, EHESS
Rémy Bazenguissa Ganga, EHESS
Paul Diédhiou, Université de Ziguinchor
Odile Journet-Diallo, EPHE
Jean Schmitz, IRD

Résumé :
En janvier 2000, après une vacance de quinze (15) ans, un roi a été intronisé à Oussouye en Basse Casamance dans le Sud Ouest du Sénégal. Cet événement avait été accueilli et diffusé dans les médias comme un signe annonciateur d’un renouveau, d’autant que cette longue vacance avait laissé croire que ce royaume disparaissait comme beaucoup d’autres avant lui. Par ailleurs, durant cet interrègne, les affrontements se sont multipliés, avec beaucoup de dégâts, entre l’Etat sénégalais et le Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance (MFDC) qui réclame depuis 1982 l’indépendance de la Casamance.

Cette thèse analyse la trajectoire de ce petit royaume dans la construction du Sénégal comme Etat-Nation, alors même que la quasi-totalité de ces structures, très actives dans durant la période précoloniale notamment dans le commerce atlantique, ont disparu lors de la mise en place d’une administration coloniale et postcoloniale.

L’auteur montre d’abord comment cette institution politico-religieuse, dans ses fondements sa structuration et le mode de gestion des pouvoirs, s’inscrit dans le sillage de ce que la littérature anthropologique appelle « royauté sacrée ».

Ensuite, en analysant l’évolution de ce royaume dans la construction d’un l’Etat sénégalais – la place qui lui a été faite ou non, le rôle des conversions aux religions du Livre dans la négociation des positions sociales et de pouvoir – l’auteur met en exergue les processus qui expliquent comment et pourquoi, après une phase de marginalisation dans les jeux politiques, le roi occupe aujourd’hui une place importante comme médiateur social.

L’investissement fait de la figure royale par les protagonistes du conflit casamançais par exemple, que ce soit pour contester à l’Etat sa légitimité (MFDC) ou au contraire pour renforcer les assises du pouvoir central (Hommes politiques sénégalais) laisse voir le rôle que peuvent jouer ces structures précoloniales dans le jeu politique aujourd’hui en Afrique et à cette étape de la construction des Etats nés de la colonisation.

Mots-clefs :
roi, royauté, royaume, Casamance, Basse-Casamance, Oussouye, Sénégal, Etat, MFDC, conflit, postcolonial, colonial, monarchie, Sihalebe, Ziguinchor, conversions.