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Action missionnaire en Guinée Équatoriale, 1858-1910

Jacint Creus boixeradas, Ed. l’Harmattan, Collection Guinée Equatoriale, 1er novembre 2014

Jacint Creus est philologue, docteur en anthropologie culturelle (Université de Barcelone) et docteur en histoire et civilisations (Université de Paris VII, Denis Diderot). Il a consacré 30 années de sa vie à la recherche sur les littératures orales équato-guinéennes, et sur l’histoire de la première étape coloniale espagnole de Guinée.

- Tome I, Mémoire et naïveté de l’Empire
La Guinée Équatoriale fut espagnole : elle a été le fruit d’un échange de possessions
coloniales américaines et africaines entre l’Espagne et le Portugal en 1777.L’Espagne a ainsi réussi à mettre le pied en Afrique centrale grâce aux îles de Fernando Póo ; Corisco et Annobon, plus quelques « territoires continentaux adjacents » qui restaient à définir. Mais la prise de possession effective de ces terres lui fut très compliquée, et au début du XIXe siècle des sujets britanniques provenant majoritairement de Sierra Leone, l’ont devancée en installant sur l’île de Fernando Póo une sorte de colonie de traite légale, l’incorporant dans le conglomérat commercial anglo-saxon. En 1858, le commerce des esclaves était déjà interdit, et s’imposait alors l’idée de la « civilisation des indigènes ». Un concept séduisant pour cette Espagne orgueilleuse et fière d’avoir colonisé à l’aide de la croix et de l’épée presque toute l’Amérique mais qui était en train d’en perdre le bénéfice. Piquée à vif par ces pertes et envieuse des succès économiques de la Grande Bretagne, elle décide de reprendre en main sa colonisation en Guinée en mettant en place progressivement une nouvelle alliance qui se conclut une fois de plus entre l’Etat espagnol et l’Eglise.
Ce travail est basé sur la thèse doctorale rédigée par le professeur Jacint Creus, et
soutenue à l’université de Paris VII en 1999. Il se présente en deux tomes.

- Tome II, A la reconquête de l’Ancien Régime
La Guinée Espagnole (aujourd’hui la Guinée Equatoriale) a connu, dès le début de sa
colonisation, le rejet des manifestations culturelles originales des peuples qui la composent. Ces manifestations symbolisaient pour les colons une forme de résistance à leur prise de pouvoir. Pour s’en protéger, ils les ont donc déformées afin d’en faire des outils spirituels qui leur ont permis d’asseoir leur pouvoir et de parvenir à leurs fins. Dans ce 2e tome, le professeur Jacint Creus analyse de quelle manière les missionnaires clarétains, détenteurs du monopole éducatif en échange de leur présence qui légitimait la colonisation espagnole dans les territoires espagnols d’Afrique centrale - ont, avec le financement de l’Etat libéral, créé un modèle de colonisation ancré dans l’Ancien Régime, à la fois paternaliste et autoritaire. C’est d’elle que les autorités coloniales et les suivantes se sont inspirées. L’utilisation de
mythes relatifs à l’évangélisation espagnole en Amérique et la tentative d’imposition d’une nouvelle identité pour les différentes sociétés guinéennes ont fait des missionnaires les créateurs d’une société coloniale originale. Celle-ci n’est pas étrangère à la situation actuelle du pays.