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Pour une anthropologie critique des religions et du genre en Afrique : doctrines, discours et pratiques

Séance et horaire exceptionnels le 11 mars 2015, 13h à 15h
Site Raspail / IMAF, salle de réunion, 2e étage, 96 bd Raspail 75006 Paris

- Carla Bertin, doctorante IMAF
Ethnographier le genre dans les Eglises pentecôtistes des zones rurales du Bénin méridional

Résumé :
Dans la dynamisation du contexte inter-religieux des années 1990, le Bénin méridional voit la prolifération d’Églises pentecôtistes, qui entrent en compétition avec les autres mouvements religieux, en particulier avec les cultes voduns. À partir des années 2000, les pasteurs s’investissent également dans la fondation d’ONGs. La majorité de ces Églises, spécialement dans les milieux ruraux, sont investies par les femmes et leurs enfants. Dès mes premières observations, je me suis retrouvée face aux prémisses de ce que les études appellent Pentecostal Gender Paradox. Toutefois, cette notion demeure problématique, notamment là où elle se demande, suivant une démarche dichotomique, si le pentecôtisme a une emprise patriarcale ou un effet émancipateur sur les femmes converties. À partir d’une revue critique de la littérature existante, je problématiserai le rapport entre pentecôtisme et genre afin de construire des nouveaux questionnemen ts sur les Églises pentecôtistes et leurs fidèles dans les zones rurales du Bénin méridional.

- Marie Horassius, doctorante IMAF
Figure d’une femme Guru, implication politique et construction d’un mythe à Auroville, Tamil Nadu (Inde)

Résumé :
Après une brève présentation des grands concepts et idéaux pan-indiens, nous reviendrons sur la construction du mythe de la "Déesse-mère" dans l’Inde révolutionnaire du début du XXe siècle. En effet, l’un des fondateurs d’Auroville, Sri Aurobindo fût une figure active dans la lutte pour l’indépendance et dans la construction de ce référent symbolique. Ce personnage multi-facette participera à l’élaboration de la figure de la grande Déesse (Mahâshakti), la "Mère-patrie" (Vande Mataram) qui résonne encore aujourd’hui en Inde mais aussi ailleurs. Lorsque ce dernier se retira du combat politique pour fonder une nouvelle voie religieuse (panth, sampradaya), il rencontra Mirra Richard, une française qu’il désigna comme sa parèdre, son équivalent divin : sa shakti. A partir de là, Aurobindo et Mirra par un flot de production textuelle commenceront tous deux à se légitimer l’un l’autre : "Without him I exist not but without me He is unmanifest". Lui deviendra l’avatar de Krishna, inventant par là même l’’avatara’ d’un avatar, et elle sa Shakti : l’incarnation de la grande déesse, de l’énergie de l’action. Enfin, nous observerons les implications politiques d’une telle désignation, philologique mais aussi matérielle comme le dévoile l’exemple concret de la construction de la ville d’Auroville. Nous conclurons par nos observations directs sur le terrain de l’élaboration d’un mythe, d’une histoire et d’une nouvelle filiation, autour des figures de la "mère" et du "père" aujourd’hui dans la ville.

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