IMAF - Institut des mondes africains


Accueil > Publications > Ouvrages

Religion et transformations politiques au Bénin. Les spectres du pouvoir

Camilla Strandsbjerg, Karthala, mai 2015, 300p.

Au Bénin, en 1990, l’instauration d’un système politique démocratique correspond au retour du religieux dans l’espace politique. Comme dans de nombreux pays africains, on assiste plus particulièrement à une montée en puissance du mouvement néo-pentecôtiste, notamment dans les sphères étatiques. Si le lien entre pouvoir politique et religion a longtemps été considéré comme une particularité africaine, l’émergence pentecôtiste ne constitue en rien un phénomène spécifiquement africain, mais s’inscrit dans des transformations globales de l’ère néolibérale.
En partant du cas béninois et d’une analyse des discours politiques – principalement ceux de l’ex-président Mathieu Kérékou qui se distingue, entre autres, par le fait d’avoir été à la tête d’un régime militaro-marxiste (1972-1989) puis d’un système démocratique (2001-2006) –, Camilla Strandsbjerg s’interroge sur la manière dont les références et idées religieuses participent à la construction de nouvelles catégories politiques et au façonnement idéologique du pouvoir.
Basée principalement sur des matériaux issus d’une enquête ethnographique, mais aussi sur des sources écrites et audiovisuelles, cette analyse accorde un intérêt particulier aux dynamiques reliant les discours politiques officiels et les interprétations populaires. Cette approche historique et anthropologique permet de comprendre les transformations politico-religieuses actuelles dans une perspective de longue durée, en mettant l’accent sur la complexité des rapports entre pouvoir politique et fait religieux.

Camilla Strandsbjerg est anthropologue, docteure de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Ses travaux portent sur les recompositions politico-religieuses en Afrique de l’Ouest et sur les transformations économiques et les représentations de la richesse au Bénin.

Ouvrage préfacé par Jean-Pierre Dozon, directeur d’études à l’EHESS