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Économie de traite et fiscalité : la question des coutumes en Sénégambie, de l’ère négrière à la conquête coloniale (XVIIe-XIXe siècle)

Soutenance de thèse de Cheikh SENE
Directeur de thèse : Bertrand Hirsch

Le vendredi 17 janvier 2020, à 14h30, à la Sorbonne, salle Duroselle, entrée 1 rue Victor Cousin, Paris.


Jury :

- Myriam COTTIAS, Directrice de recherche, CNRS
- Rokhaya FALL, Maitre de conférences, Université Cheikh Anta Diop Dakar
- Bertrand HIRSCH, Professeur, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
- Henri MÉDARD, Professeur, Aix-Marseille Université
- Isabelle SURUN, Professeure, Université de Lille


Résumé :

De la longue période allant du XVIIe au XIXe siècle, c’est-à-dire de l’ère négrière à la conquête coloniale, l’économie de traite en Sénégambie est dominée par deux phases : la traite négrière (XVIIe-début XIXe siècle) et le commerce dit légitime (début XIXe siècle). Dès le XVIIe siècle, les Compagnies européennes de commerce s’installent le long des côtes sénégambiennes en accord avec les souverains qui leur accordent le droit de construire des forts, de pratiquer le commerce et de circuler librement sur les cours d’eau de leurs États. Ces accords donnaient lieu au versement régulier par les commerçants européens de redevances plus souvent en nature qu’en espèces, régies par des règles plus ou moins stabilisées, à des taux forts variables en fonction des contextes économiques, politiques et sociaux. Ces redevances dénommées coutumes étaient de deux types : les coutumes annuelles et les coutumes casuelles ou de traite. Les coutumes ont eu des impacts importants sur la politique, l’économie et les sociétés des États de la Sénégambie. Elles ont permis aux Européens de commercer librement en Sénégambie. Ainsi, à partir de Saint-Louis, premier établissement français fixe en Afrique construit en 1659, les Français entretiennent avec les souverains de la Sénégambie des relations commerciales basées sur le commerce des esclaves, de l’or, de la gomme, de l’ivoire, des vivres, de l’arachide, des peaux et d’autres produits de consommation. Jusqu’au XIXe siècle, il était quasi impossible pour les Européens de commercer sans payer les coutumes. Celles-ci représentaient le symbole de la souveraineté des États de la Sénégambie. Cependant, dans la seconde moitié du XIXe, les conflits et les abus répétitifs liés aux coutumes ainsi que le non-respect des engagements des chefs locaux qui devaient assurer aux commerçants européens la sécurité contribuèrent à la politique de suppression des coutumes initiée par le gouverneur Faidherbe en 1854.


Mots-clés :
coutume, commerce, Compagnie, économie, traite négrière, politique, Sénégambie, souveraineté.