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Universalisation, spiritualisation et patrimonialisation du soufisme

Séance du 23 janvier 2020, de 17h à 20h ANNULÉE
Campus Condorcet, salle 0.031, bâtiment Recherche Sud, 5 Cours des Humanités, 93300 Aubervilliers

- Jean-Loup Amselle (IMAF, EHESS),
"L’instrumentalisation politique de l’islam soufi ouest-africain contemporain"
Pour appréhender correctement cette question, il faut d’abord appréhender l’islam soufi ouest-africain et plus généralement l’islam soufi comme une construction qui s’inscrit dans une conjoncture contemporaine marquée par une forte islamophobie, elle-même en partie associée, fût-ce de façon totalement arbitraire, aux attentats et aux attaques « djihadistes » ou « terroristes » récentes dont le champ d’action s’étend désormais à la totalité de la planète.

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- Aziz Hlaoua (IURS, Université Mohammed V, Rabat),
"Les circulations religieuses : conversion, mobilité et récits de vie. Le cas de la zaouia Quadiriya Boutchichiya"
Cette intervention portant sur les conversions au soufisme s’appuie sur une étude de trois ans (2012-2015) de récits de convertis à la zaouia Qadiriya Boutchichiya, la plus grande et célèbre confrérie soufie du Maroc.

La conversion au soufisme est représentée par une bay’a (allégeance) des disciples envers le cheikh. Le disciple converti est alors placé au service de la tarîqa (voie) et le cheikh devient le garant du Salut de son disciple. L’échange repose sur l’idée de devoirs et de droits réciproques, mais ce qui est nouveau dans la confrérie Boutchichiya, c’est le fait que le cheikh et ses proches recherchent de nouveaux disciples et fonctionnent en utilisant les réseaux sociaux et diverses technologies de communication moderne. Par exemple, des séances de communication Facebook ou WhatsApp pourraient remplacer les rituels de pèlerinage classiques.

La conversion est un domaine dans lequel la confrérie investit énormément pour réussir la procédure d’internationalisation de ses doctrines et de ses enseignements dans un monde de concurrence de l’offre religieuse. Certains convertis sont devenus des porte-parole de la zawiya, d’autres s’investissent dans des instances institutionnelles des musulmans en Europe. Le travail de la production de ces figures est un travail institué, réfléchi et contrôlé par la confrérie.

De leur côté, les convertis internationaux en mobilité construisent en récits leurs histoires, leurs nouvelles vies, leurs perspectives et philosophies. Ils produisent ainsi une connaissance à raconter, à partager. La conversion, au-delà de ses dimensions migratoires et religieuses, touche les questions liées à la production de l’autorité religieuse, à l’ordre et aux multiples dimensions politiques qui s’inscrivent dans le cadre de la lutte contre les radicalisations violentes.

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