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Parcours migratoire, mobilisation transnationale et efforts de développement villageois aux Comores - Les migrants et leurs descendants à l’épreuve de l’engagement solidaire

Soutenance de thèse de Youssouf Mohamed Youssouf
Directrice de thèse : Ulrike Schuerkens
Le 26 février 2020, 14h,10 rue Monsieur-le-Prince, bibliothèque (rez-de-chaussée), 75006 Paris


Jury :

- Ulrike Schuerkens, professeure des Universités, Université Rennes 2 et professeure associée à l’EHESS,
- Christophe Daum, maître de conférences HDR, Université de Rouen (rapporteur),
- Elise Palomares, maîtresse de conférences HDR, Université de Rouen (rapporteure),
- Nancy Green, directrice d’études, EHESS de Paris,
- Moustapha Tamba, professeur titulaire UCAD Dakar, Sénégal.


Résumé :

À l’entrée septentrionale du Canal de Mozambique, l’archipel des Comores égraine ses quatre îles, entre Madagascar et le Mozambique. On retiendra que jusqu’à la première moitié du XIXè siècle, les îles de cet archipel du Sud-ouest de l’Océan Indien ont partagé un destin tragique commun, étant exposées aux affrontements fratricides des sultans batailleurs et aux pillages orchestrés par les pirates malgaches. Ces exactions auront comme conséquences l’appauvrissement de l’archipel et les déportations d’hommes hors des Comores.

D’une part, cette thèse analyse les facteurs à l’origine des différentes vagues de migrations comoriennes dans le Sud-ouest de l’océan indien depuis la deuxième moitié du XIXè siècle, ainsi que leurs conséquences. Vers la fin du XIXè siècle, l’arrivée de planteurs occidentaux, suivie des signatures de conventions et accords commerciaux avec les sultans vont déshériter les paysans Comoriens de leurs terres. Les accords de protectorat conclus avec la France à partir de 1886 ne feront qu’accentuer la précarité des paysans, en attribuant les terres restantes aux sociétés coloniales. Dépossédés et affamés, de nombreux Comoriens n’auront que le choix du travail servile ou de l’exil. De nombreux comoriens fuyant la misère feront le choix de s’établir à Zanzibar, à Madagascar et dans l’île de la Réunion. Plus tard, à Zanzibar, la révolution Okello de 1964 aura raison des poussées migratoires comoriennes dans l’île puis, douze ans après, en 1975 ceux installés à Madagascar seront à leur tour victimes des massacres perpétrés contre eux à Majunga. Ces deux événements sonneront le glas de la fin des migrations comoriennes dans la sous-région.

D’autre part, le développement de cette nouvelle migration, son mode d’organisation et les rapports des migrants avec le pays d’origine sont largement analysés. La diaspora comorienne en France garde des liens très forts avec le pays d’origine, elle est l’une des plus actives d’Afrique sub-saharienne aussi bien au niveau associatif que dans celui des transferts de fonds. Le développement villageois est soutenu par les migrants à travers leurs structures associatives et chaque village aux Comores a ses associations de migrants en France. La politique migratoire actuelle en France engendre des entrées au compte-goutte à un moment où la première génération de migrants s’affaiblit et s’efface progressivement. Désormais, les échanges avec le village reposent sur les descendants de migrants qui seuls, peuvent décider de leur maintien ou de leur abandon.


Mots clefs :

Migrations - Associations de migrants - Transferts des migrants - Deuxième génération - Développement villageois – Coopération décentralisée - Pays d’origine - Pays d’accueil.