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Les arts en Afrique et dans ses diasporas : pratiques, savoirs, mobilités

Séance du 4 mars 2020, de 18h à 21h
Cité Internationale des Arts, auditorium (sous-sol), 18 rue de l’Hôtel de Ville, 75004 Paris (entrée en face du métro Pont Marie – ligne 7).

- Euridice Zaituna Kala (artiste) pour une conférence performée avec le titre « Archive Fragile »

Trois années se sont écoulées depuis mon arrivée en France. Au cours de ces années, j’ai vécu de nombreux changements dans ma vie personnelle comme sociale. J’ai été témoin du vote pro-Brexit, de l’élection de Donald Trump. Des évènements significatifs ont marqué ma vie : mon mariage, la naissance de mon fils. J’ai passé un nombre incalculable d’heures dans les bureaux délivrant les titres de séjour à la préfecture du Val-de-Marne. J’ai été témoin de l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, de la disparition de Prince et de Bowie, de la sortie de l’album Lemonade de Beyoncé, de la naissance du mouvement #metoo, de celui des Gilets Jaunes, et d’autres événements qui, pris dans leurs contextes, dessinent une histoire collective – cette histoire qui infuse, qu’on partage et dans laquelle on s’engage parfois, surtout par l’intermédiaire de nos avatars virtuels.

Nous n’avons jamais été aussi proche de l’histoire et en même temps, aussi aveugle. Archive Fragile est un projet artistique qui invite à une expérimentation sociale. Il propose une expérience de voyage dans le temps, nourrissant notre besoin de contempler le futur et de relativiser les inquiétudes du présent.

Pour cette action performative, l’artiste Euridice Zaituna Kala met en place un protocole de travail avec un groupe de 5 personnes avec lequel une idée du projet sera discuté ; un deuxième groupe de 5 sera ensuite invité par le premier groupe ; viendra enfin un troisième groupe plus large qui aura une distance alors considérable vis-à-vis du projet initial. De ces rencontres résultera une sorte de spirale de communication qui, à son tour, rendra le projet et ses références malléables. Il s’agit ainsi de créer une plateforme, un lieu d’engagement où puissent s’insérer des images qui resteraient en tant que traces de la mémoire instaurée grâce à des narrations contemporaines – l’image fonctionnant comme la trace d’une représentation d’un moment, d’une histoire qui se démultipliera à partir de nouvelles narrations fictionnelles ou réelles.

Euridice Zaituna Kala est une artiste mozam­bi­caine basée à Paris. Son tra­vail artis­ti­que s’inté­resse aux méta­mor­pho­ses cultu­rel­les et his­to­ri­ques, à ses mani­pu­la­tions et ses adap­ta­tions. L’artiste cher­che à mettre en lumière la mul­ti­pli­cité des pério­des his­to­ri­ques et desrela­tions socia­les depuis une pers­pec­tive du conti­nent afri­cain qui est au cœur de ses réflexions. Ces récits se dérou­lent dans les espa­ces de départ, de ren­contres…sous la forme d’ins­tal­la­tions, de per­for­man­ces, d’images et de livres.

Elle a été formée à la pho­to­gra­phie à la Market Photo Workshop (MPW-2012) à Johannesburg. Elle a pré­senté de nom­breu­ses per­for­man­ces dont Mackandal Turns into a Butterfly : a love potion, La Galerie, Noisy-le-Sec (2018) et Euridice Kala Shows and Doesn’t Tell, Gale­rie Saint-Séverin, Paris (2018). Elle a par­ti­cipé à de nom­breu­ses expo­si­tions col­lec­ti­ves dont la 14e Fellbach Triennial for Small Sculpture : 40,000 – A Museum of Curiosity(2019), Le pou­voir du dedans, La Galerie, Noisy-le-Sec (2018), Mistake ! Mistake ! Said the Rooster… and step­ped down from the Duck, Lumiar Cité, Lisbonne (2017), Infecting the City, Cape Town (2017) et (Co)Habitar, Casa da America Latina, Lisbonne (2017). En 2019 elle est lauréate de la de la bourse ADAGP et nomi­née pour le prix SAM Art Projects (2018) et le prix du talent contem­po­rain de Fondation François Schneider (2018). Son tra­vail sera également inclus dans la seconde édition de la Lagos Biennal (2019), Hubert Fichte : Love and Ethnologyà la Haus der Kulturen der Welt, Berlin (2019 -2020), et dans la 1ére édition de la Triennale de Stellenbosh (2020). Elle est également la fon­da­trice et co-orga­ni­sa­trice de e.a.s.t. (Ephemeral Archival Station), un labo­ra­toire et une plate-forme pour des pro­jets de recher­che artis­ti­que à long terme, établis en 2017.

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