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Retour aux sources ? Nouvelles formes de ritualisation et d’expertise rituelle en Afrique et ailleurs

Séminaire de Agnès Kedzierska-Manzon, directrice d’études de l’EPHE (IMAF).

ATTENTION : Suite aux dernières annonces présidentielles, le séminaire bascule en mode visioconférence. Les étudiants inscrits via list-serve seront notifiés et auront les codes d’accès à la salle virtuelle. Les personnes non encore inscrites et qui souhaitent assister virtuellement à ce séminaire peuvent contacter Agnès Kedzierska-Manzon par email (akedzierskamanzon(at)gmail.com) afin d’obtenir les codes.


Année universitaire :
2020 / 2021
Périodicité : Mercredi de 14h à 17h
Localisation : EHESS, sous-sol, salle 9, 54 bd Raspail 75006 Paris (*)
Calendrier : Du 4 novembre 2020 au 26 mai 2021

(*) Même adresse mais salle 15 pour les dates suivantes :
- 18 novembre 2020,
- 2 décembre,
- 27 janvier 2021,
- 3 février,
- 24 mars,
- 31 mars,
- 7 avril,
- 14 avril


Attention !
En raison de la situation sanitaire, vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant (une demande est nécessaire pour chaque séminaire auquel vous souhaitez participer, merci de déposer la demande au plus tard 72 heures avant le début de la première séance) : http://listsem.ehess.fr/courses/193/requests/new.


Présentation :

La prolifération en Afrique ces derniers années de « nouveaux entrepreneurs religieux », a attiré déjà l’attention de certains chercheurs. Ces nouveaux spécialistes : tradi-thérapeutes de différentes sortes, néo-féticheurs, officiants des cultes de possession en pleine expansion, « rasta soufis », pasteurs et prophètes d’obédience chrétienne, semblent pleinement intégrés à l’économie marchande et très présents sur les réseaux sociaux. À la différence des experts d’antan, qui, en contexte rituel, manipulaient certaines choses – plantes médicinales, objets-forts (« fétiches »), corps des novices lors de l’initiation – ils manient les représentations des choses, tels un balai en synthétique renvoyant aux chasse-mouches ou costumes des officiants des sociétés d’initiations masculines, des tridents associés au pouvoir précolonial ou des longs boubous blancs portés usuellement par les marabouts, sans oublier les contrefaçons d’accessoires de mode ou de biens de consommation (téléphones portables, lunettes de soleil) faisant allusion aux richesses de l’Occident. Ces simulacres qui évoquent certains originaux à forte valeur symbolique semblent leur permettre de s’approprier des univers autrement difficiles d’accès. Leurs mises en scène (et en ligne) dans une esthétique qu’on pourrait qualifier de baroque participent à la construction de soi de ces experts qui par leur biais parviennent à s’inventer eux-mêmes, à transformer le monde et renégocier – à l’échelle individuelle plutôt que collective – les rapports de force et de genre existant – ou en mouvement – en Afrique aujourd’hui. Les mécanismes et l’esthétique singuliers des formes de ritualisation que ces spécialistes mettent en place les rapprochent de « nouvelles formes de ritualisation » se développant ailleurs (en Occident, en Asie du Sud et septentrionale, en Amazonie et Amérique créole notamment), avec lesquelles il conviendra de les mettre en parallèle. Après ce détour par la présentation des cas relevant de la mouvance New Age sensu stricto et lato, nous tenterons, dans la dernière série des conférences, d’éclairer le paradoxe sous-jacent à l’intitulé du séminaire. En effet, force est de reconnaître que, bien qu’ancrés solidement dans la (post-)modernité, nombre d’experts analysés – en Afrique comme sur d’autres continents – demeurent à l’origine d’un élan traditionnaliste. Plusieurs voient dans un retour aux sources – à l’Égypte pharaonique, par exemple, fortement mythifiée et présentée comme lieu de genèse de la civilisation noire ou, pour les cas amérindiens, aux traditions précoloniales –, un pas permettant de restaurer la longue durée de l’histoire mise à mal par la colonisation. Certains assument la dimension politique de leur positionnement en prenant explicitement le contre-pied de toutes les traditions importées et plus particulièrement celles de l’Occident et en revendiquant l’appartenance au mouvement panafricaniste ou d’autres mouvements indigénistes. Entre passé et avenir, entre nord et sud, vers où mène le chemin emprunté par ces personnages exceptionnels et ceux qui les suivent ?


CONTACT :
akedzierskamanzon(at)gmail.com


PROGRAMME :

programme des séances du séminaire

Néobab EHESS