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Sociologie politique de la violence électorale au Zimbabwe

Soutenance de thèse de Tafadzwa Zvobgo
Directeur de thèse : Rémy Bazenguissa-Ganga
Le 17 décembre 2020, à 15h, visioconférence

Afin d’affecter le moins possible la qualité de la visioconférence nous sommes contraints de limiter l’accès au public. Les personnes souhaitant assister à la soutenance devront se rapprocher du candidat.


Jury :

- Rémy Bazenguissa-Ganga (directeur de thèse)
- Daniel Compagnon, Sciences Po Bordeaux
- Jean-Vincent Holeindre, Université Panthéon-Assas Paris II
- John F. Mccauley, University of Maryland
- Sylvie Strudel, Université Panthéon-Assas Paris II
- Nicolas Van de Walle, Cornell University


Résumé de thèse :

Cette thèse propose une analyse des enjeux socio-politiques liés au contrôle du capital guerrier dans le cadre des compétitions électorales. Plus précisément, ce travail a pour objectif, par l’étude de cas du Zimbabwe, de contribuer à une explication basée sur des individus et leurs actions comme cause fondamentale de la violence électorale. De manière descriptive, nous nous concentrons sur une analyse des caractéristiques liées au capital guerrier qui expliquent la configuration de la violence électorale au Zimbabwe lors des trois périodes électoraux de 2002 à 2013. D’abord, nous aborderons la construction de notre problématique. Nous y présenterons une revue de la littérature pour passer en revue les différentes théories et études sur la violence liée au vote. Nous verrons qu’elles tournent autour du lien de trois notions : la démocratie, les élections et le vote. Notre approche revient à éclaircir comment ce phénomène se passe et à appréhender les raisons pour lesquelles les acteurs la mettent en œuvre et y participent au lieu de rester pacifiques ou paisibles. Nous considérons qu’il est possible de bien comprendre les causes et dynamiques autour de la violence électorale par un regard plus approfondi porté sur le bourreau et la victime. Après, nous considèrerons comment le mouvement nationaliste et la guerre anticoloniale ont conduit à un système politique au Zimbabwe où la force et la violence étaient devenues les moyens principaux pour garantir la mobilisation et le châtiment lors des élections. D’un côté, nous montrerons que les stratégies nationalistes et de guérilla mise en œuvre durant les élections expliquent le déclenchement, la prolifération et la participation de ses associés et partisans à la violence électorale. Le déclenchement de la violence électorale intervient lors des étapes fragiles du cycle électoral des élections présidentielles du Zimbabwe, précédant le vote. Ces stratégies incluent la mobilisation de toutes ses mains d’œuvre pour la mise en place en œuvre de la violence (l’implication des acteurs étatiques et des partisans de la ZANU-PF) et la mise en place de ressources des guerriers nationalistes (sa tactique de ciblage de victimes, la modalité d’exécution des atouts des guerriers et la mise en œuvre du savoir-faire de la ZANU-PF). De l’autre, notre travail montre que les agressions ont des conséquences sur les institutions et le processus électoral du pays qui renforce, se renouvelle et se reproduit la violence électorale.

Mots clefs :
Violence électorale, capital guerrier, conditions de légitimité, victimisation électorale, reconfiguration du suffrage, Zimbabwe.