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Monuments et Documents de l’Afrique ancienne : recherches en cours en histoire, histoire de l’art et archéologie

Séminaire organisé par Claire Bosc-Tiessé (INHA), Amélie Chekroun (CNRS, Institut de Recherches et d’Etudes sur les Mondes Arabes et Musulmans), Marie-Laure Derat (CNRS, Orient & Méditerranée), Anaïs Wion (CNRS, Institut des Mondes Africains)

Année universitaire : 2021 / 2022
Périodicité : Un mercredi par mois, de 10 à 13h
Localisation : INHA, 6 rue des petits champs, Paris (salles dans le programme)
Calendrier : Du 17 novembre 2021 au 8 juin 2022


Présentation :

Ce séminaire teste et confronte hypothèses et méthodes pour montrer comment les sciences humaines écrivent aujourd’hui le passé de l’Afrique. L’objectif est de présenter et discuter les recherches en cours sur l’Afrique ancienne, entendue dans un sens très large de la préhistoire jusqu’au pré-contemporain, prenant en compte aussi bien les régions au sud du Sahara que celles qui sont au nord. Il s’agit non seulement d’établir une veille sur les tendances actuelles de la recherche mais surtout de voir comment celle-ci peut se faire en situation de pénurie documentaire dans une interdisciplinarité en acte. Ce séminaire permet aussi de mobiliser et rassembler les recherches sur l’Afrique pré-contemporaine pour créer un lieu d’échanges et dynamiser le champ.

En 2021-22, le séminaire fait la part belle à la jeune recherche et s’organise autour de trois modules thématiques. Le premier rassemble différents jeunes chercheurs autour de questions juridiques et d’écriture de l’histoire, le deuxième revient sur les rapports entre histoire et archéologie au long du deuxième millénaire de notre ère et le troisième présente les recherches en cours sur les archives scientifiques et celles liées à l’acquisition d’objets en Afrique par des Européens au cours du XIXe siècle.


CONTACT :
anais.wion@univ-paris1.fr


PROGRAMME :

  • Ecriture de l’histoire et histoire de la justice

 17 novembre 2021 (salle Benjamin)
Emmie Le Galès (doctorante EHESS, IMAF), « L’écriture de l’histoire du Shäwa de la fin du XIXe aux années 1970 »
L’histoire du Säwa est un texte bien connu de l’historiographie éthiopienne : intégrée à la Chronique de Ménélik II rédigée par Gäbrä Sellasé en 1892, elle fait ensuite l’objet de plusieurs réécritures par des historiens proches du pouvoir impérial, le blattengeta Heruy, Märse Hazen ou encore Mahtämä Sellasié. Récit du parcours d’une dynastie locale originaire du Mänz dont descend Ménélik II, l’histoire du Säwa est d’abord une histoire officielle, tournée vers la légitimation du pouvoir des shoans sur le reste de l’empire d’Ethiopie. Conscients du caractère idéologique de ce texte et de son potentiel décalage vis-à-vis de l’écriture de l’histoire locale, des historiens au service d’Haylä Sellasié entreprennent au lendemain de l’occupation italienne des recherches dans la région, collectent des textes manuscrits et des récits oraux. Nous présenterons au cours de notre communication une première sélection de textes inédits relatifs à l’historiographie contemporaine du Säwa et proposerons une synthèse d’un premier terrain effectué en 2021 dans le cadre de notre thèse.

Héloïse Mercier (doctorante Université Paris 1, laboratoire Orient et Méditerranée, équipe Islam médiéval), « Écritures de l’histoire à Harar (Éthiopie orientale) du XVIIe au XXe siècle »
Les sources produites à Harar au cours de la période moderne et du xxe siècle n’ont jusque-là été que très peu étudiées de manière critique. Les quelques textes qui ont été édités ont été traités comme des recueils d’informations et de dates, mais rarement comme des discours historiographiques. L’étude de ces sources se révèle pourtant très riche. Le corpus des listes des amīr-s de Harar permet ainsi de s’interroger sur l’émergence d’une histoire officielle et sur la formation d’une mémoire dynastique au cours de la période moderne dans cette ville de l’Est éthiopien. Par ailleurs, les bouleversements de la fin du xixe et du début du xxe siècle (les conquêtes et occupations successives de Harar par les Égyptiens, les Éthiopiens et les Italiens) semblent avoir suscité un basculement épistémique et de nouvelles écritures du passé. Celles-ci voient notamment la mise à l’écrit et l’historicisation d’un répertoire de mythes qui circulaient jusque-là surtout à l’oral. Le début du xxe siècle marque aussi le début d’une sanctuarisation du discours historique à Harar. Ce phénomène se renforce encore vers la mi-xxe siècle, à l’occasion de compilations, qui, se voulant exhaustives, rassemblent toutes les sources alors disponibles, puisent dans celles-ci des dates et ainsi, figent l’histoire de Harar dans une chronologie linéaire.

Discutant : Deresse Aynachew (Prof. Univ. Dabra Berhan, Ethiopia et chercheur au sein de l’ErC HornEast, Marseille).

 15 décembre (salle Benjamin)
Charles Diemé (doctorant Université Paris 1, Laboratoire Orient et Méditerranée, équipe Islam médiéval), « L’organisation de l’espace judiciaire royal dans le royaume d’Éthiopie (XVIe-XVIIIe siècle) »

Amélie Lemanceau (doctorante Université Paris 1 – Laboratoire Orient et Méditerranée, équipe Islam médiéval), « Les Portugais dans la vallée du Zambèze entre 1560 et 1650 »

  • Archéologie et histoire médiévale

 12 janvier 2022 (salle Benjamin)
Caroline Robion-Brunner (CNRS-CFEE), Marie-Pierre Coustures (UT2J), Stephan Dugast (IRD, PALOC) : « Origines et étapes de la diversité des techniques sidérurgiques en Afrique de l’Ouest : le cas de la production du fer en pays bazar (Nord du Togo) du XIIIe au XXe siècle »

 9 février (salle Benjamin) : Actualité des recherches archéologiques en Afrique de l’Est
Manon Routhiau (doctorante Université de Toulouse Jean-Jaurès, laboratoire TRACES) « L’activité rupestre et la culture troglodytique : recherches en cours sur le territoire éthiopien »

Sous réserve Yanis Mokri (doctorant Université de Paris 1, Laboratoire Orient et Méditerranée, équipe Islam médiéval) : « Étude historique et archéologique du delta du Tana au Kenya, du VIIIe siècle à nos jours » (titre provisoire)

 16 mars (salle Vasari) : Actualité de l’archéologie en Afrique forestière tropicale
Léa Roth (doctorante Université de Paris 1, laboratoire Orient et Méditerranée, équipe monde sémitique) : « Ifé entre archives de papier et archives du sol : historiographie et archéologie d’un centre urbain ouest-africain, (sud-ouest Nigéria) c.1000-1400 CE »

Geoffroy de Saulieu (IRD, PALOC), « Lignages villages. L’Afrique centrale atlantique depuis 2500 ans »
Pour écrire une histoire de l’Afrique centrale atlantique nous utilisons dans notre réflexion trois niveaux d’analyse : i- les recherches locales, avec les reconstitutions chronologiques méticuleuses au niveau des sites archéologiques et/ou paléo environnementaux ; ii- les tentatives de synthèses régionales qui cherchent aujourd’hui à s’affranchir des biais de subjectivité (en utilisant par exemple les modélisations statistiques des datations radiocarbones) ; iii- les démarches hypothético-déductives nourries de données ethnographiques. En jouant sur ces différents niveaux nous proposons un tableau du phénomène culturel d’Afrique centrale, fondé sur l’organisation lignagère.

  • Histoire, patrimoine et collections

Au cours des trois dernières séances de l’année 2021-22, les intervenants reviendront sur la manière dont s’écrit l’histoire et se définit le patrimoine africain à travers les collections muséales et au-delà. Les études de cas présentées ici mettront en avant la manière dont s’écrit l’histoire des sociétés à partir de l’histoire des collections, en examinant les contextes et modes d’acquisition les typologies d’objets, l’étude des objets eux-mêmes ; comment les récits muséaux se construisent par rapport à l’analyse historique, comment ils l’utilisent, voire comment ils l’affectent.

 13 avril (salle Vasari)
Claire Bosc-Tiessé (INHA) :
« Les collections d’objets africains en France : état des connaissances »
« Histoire, patrimoine et collections muséales d’objets d’Ethiopie à travers le monde »

Pauline Monginot (INHA), « Les objets malgaches des collections muséales françaises : une source pour l’histoire des pratiques artistiques à Madagascar aux XIXe et XXe siècles ? »

 18 mai (salle Benjamin) : Histoire / collection
Alexandra Galitzine-Loumpet (CESSMA), « Métamorphoses de trônes bamoun : collections, projections, assignations »

 8 juin (salle Benjamin)
Alexandre Girard-Muscagorry (doctorant EHESS, conservateur à la Cité de la musique), « La collection d’instruments de musique rapportés d’Afrique par Victor Schoelcher et l’écriture des premiers savoirs ethnomusicologiques en Europe »

Margaux Lefevre (doctorante EHESS, IMAF), « Histoire, populations et territoires au prisme des collections du Gabon conservées en France »