Accueil > Actualités > Séminaires

Anthropologie comparative du Sahel occidental musulman (Sénégal, Mauritanie, Mali...)

Séance du 9 mars 2022, de 16h30 à 18h30
Bâtiment EHESS du Campus Condorcet, salle 25-B, 2 Cours des Humanités, 93300 Aubervilliers


 Abdel Wedoud Ould Cheikh
(professeur émérite à l’université de Lorraine)
&
 Jean Schmitz (IRD-IMAF)

Présentation de l’ouvrage collectif : Le Sahel musulman entre soufisme et salafisme. Subalternité, luttes de classement et transnationalisme

Résumé :
L’un des sujets dont il est question dans l’ouvrage a trait à un certain nombre de polémiques qui se nourrissent de et entretiennent la (pseudo)polarité entre système des prescriptions de la sharî’a et soufisme, l’univers des fuqahâ’ (« théologiens-légistes ») et celui des awliyyâ’ (« saints »). Nous insisterons particulièrement sur le rôle d’un personnage central au sein de ces controverses : al-Mukhtâr wuld Bûna (m. 1805), qui fut compagnon d’étude de l’almaami Abd al-Qâdir Kan (m. 1806), le premier dirigeant politique de l’imamat du Fuuta Tooro (vallée du Sénégal).
Cette révolution musulmane est inscrite dans une chaîne de mouvements égalitaires du XVIIIe siècle. Á ces derniers succédèrent les jihâd expansionnistes du XIXe siècle se réclamant du soufisme confrérique, califat de Sokoto (Nigeria), État d’Al-hâjj Umar (Mali, Guinée). Á l’encontre de ces formations politiques qui mirent en œuvre un « second esclavage », la « révolution voilée » des ordres soufis mauritano-sénégambiens au tournant des XIXe-XXe siècle reprit le message émancipateur initial, mais plus à l’égard des hommes que des femmes.
Aussi les auteurs s’attachent-ils à étudier une génération ultérieure d’ordres soufis (1930-2020), celle de branches la Tijāniyya qui, en opposition complémentaire avec les réformistes, poursuivit la lutte pour la reconnaissance islamique des subalternes, en particulier des jeunes et des femmes. On assiste à une convergence entre certains ordres soufis et les mouvements salafistes qui selon des modalités différentes donnent aux subalternes accès au savoir, à l’espace public religieux et aux positions d’autorité.

En savoir plus sur le séminaire