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Armées en Afrique, armées africaines

« Regards croisés », séminaire de l’IMAF-Aix
Coordonné par Muriel Champy (Université d’Aix-Marseille) et Romain Tiquet (CNRS).
Voir le programme complet du séminaire.

Vendredi 8 avril 2022
14h-17h
salle Paul-Albert Février, MMSH

 Nathaniel Powell (Lancaster University)
« La logique récurrente des interventions militaires françaises en Afrique depuis les années 1960 »
Nathaniel Powell est analyste pour l’Afrique de l’ouest et l’Afrique australe chez Oxford Analytica, et il est chercheur associé au Centre for War and Diplomacy à Lancaster University. Il est l’auteur de « France’s Wars in Chad : Military Intervention and Decolonization in Africa », publié en 2021 chez Cambridge University Press.

 Riina Turtio (Paris School of International Affairs)
« La coopération militaire en Afrique de l’Ouest francophone, 1958-1974 »
Construire une armée nécessite des ressources matérielles et techniques importantes. A l’indépendance, les neuf pays de l’Afrique de l’Ouest ont eu besoin d’assistance militaire pour équiper et former leurs soldats. Cependant, les gouvernements africains avaient le pouvoir de décider quel type d’assistance accepter, et de quel pays. Les deux gouvernements les plus proches de la France, au Sénégal et en Côte d’Ivoire, pourraient négocier l’utilisation de l’aide. Ils ont reçu la plupart des aides militaires et économiques françaises, mais avec des résultats très différents. Les gouvernements malien et guinéen ont obtenu l’assistance militaire de l’Union soviétique. Ces pays ont accumulé plus d’armes que les pays voisins qui étaient restés alignés avec la France, mais les équipements sont vite devenus inutilisables et les pays étaient de plus en plus dépendants de l’aide matériel et technique soviétique. Les cinq autres ont dû relever le défi de construire une armée avec des ressources très limitées, ce qui a contribué à l’instabilité. En comparant la coopération militaire dans les neuf pays francophones d’Afrique de l’Ouest, la présentation examine les raisons pour lesquelles les pays ont donné ou accepté une assistance militaire ? Quels facteurs ont eu un impact sur les résultats de l’assistance militaire ?
Les travaux de Riina Turtio portent sur l’histoire de la coopération internationale et de la construction de l’État en Afrique de l’Ouest francophone. Elle a obtenu son doctorat à l’Institut universitaire de hautes études internationales et du développement à Genève.
Actuellement, elle est chercheuse invitée et enseignante à l’Université d’Helsinki. Auparavant, elle était une chercheuse-enseignante à la Paris School of International Affairs et chercheur associé à l’Université de Lausanne, à l’Université de Harvard et à Sciences Po.

 Camille Evrard (IMAF)
« La compétition des uniformes : armées et partis uniques en Mauritanie, Mali, Niger (années 1960-1970) »
Cette communication propose de faire le point sur les enjeux et les sources de l’histoire des relations entre forces armées dites nationales et partis uniques de gouvernement, dans trois pays issus de l’empire colonial français en Afrique sahélienne. Ces relations, malgré des contextes politiques contrastés et des institutions militaires d’ampleur diverse, ont été marquées par des mouvements comparables qui ont contribué à un certain malaise dans les rangs militaires et à un divorce finalement consommé entre responsables politiques et cadres de l’armée, poussant ces derniers à prendre le pouvoir aux civils. On reviendra sur les situations pourtant très différentes des trois pays, afin de montrer ce que ces observations apportent à l’histoire des sociétés au cours de la période post-indépendance.
Camille Evrard est historienne, docteure de l’Université Paris 1, membre du comité de rédaction de « L’Année du Maghreb » et responsable du dossier politique annuel sur la Mauritanie, et co-fondatrice de la nouvelle « Revue d’histoire contemporaine de l’Afrique ». D’une approche institutionnelle de l’armée en Mauritanie au cours de la décolonisation, son travail a évolué vers une histoire comparée de la construction des États postcoloniaux saharo-sahéliens et de leurs politiques de l’ordre, du point de vue des hommes en uniforme. Aujourd’hui chercheure au sein du projet ERC MadAf (IMAf Aix-en-Provence), elle entame un travail sur les traumatismes de guerre subis par les soldats africains.