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Justice, punitions

Cycle « Le temps des esprits. Ce que la sorcellerie fait à l’histoire (et vice-versa) »

Jeudi 19 mai 2022
Salle 21, 10h à 12h (AM Paris)
FMSH, 54 bd Raspail, 75006 Paris

Participer à la réunion Zoom

https://cnrs.zoom.us/j/96724028335?pwd=dXQ5WFQxaURwbzVRWHRTZ29sakpOZz09

ID de réunion : 967 2402 8335
Code secret : Fwu6qi


 5e conférence de Andrea Ceriana Mayneri
, CNRS – Institut des mondes africains

Aujourd’hui, dans plusieurs pays d’Afrique centrale, de lourdes peines d’emprisonnement sont prononcées à l’encontre des personnes reconnues coupables d’actes de sorcellerie. En Centrafrique, une majorité de magistrats, mais aussi de forces de l’ordre et plus généralement d’autorités publiques, partagent avec les populations la volonté de traquer avec tous les moyens ces figures du mal incarné que sont les sorcières et les sorciers. Dans cette cinquième conférence, après avoir donné des éléments de compréhension sur ce traitement policier et judiciaire, nous interrogerons la trajectoire historique qui a amené à criminaliser « la sorcellerie » (article 149 du Code pénal centrafricain de 2010). Nous nous appuierons sur quelques textes administratifs de la période coloniale et reprendrons aussi des témoignages écrits de missionnaires, pour avancer des hypothèses sur l’origine de cet engouement pour la traque et la sanction administrative des « actes de sorcellerie ». Le dispositif législatif actuel est essentiellement repris de celui pensé par le colonisateur, avec une différence de taille : une inversion de sens s’est produite après l’Indépendance, qui a amené à poursuivre le sorcier qui évolue dans le monde invisible. Ce qui n’est pas sans lien avec la sanction pénale que, au contraire, l’administration française faisait peser sur les figures de nganga, ces devins guérisseurs (witch-doctors) dont le colonisateur craignait l’autorité sur les populations et la capacité de les soulever.

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