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Dynamiques du genre en Afrique

Séminaire coordonné par Anne Hugon (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne/IMAF) et Marianne Lemaire (CNRS/IMAF).

Année universitaire : 2023 / 2024
Périodicité : 2e et 4e jeudi du mois de 12h30 à 14h30
Localisation : Campus Condorcet-Centre de colloques, salle 3.08, place du Front populaire, 93300 Aubervilliers
Calendrier : Du 26 octobre 2023 au 6 juin 2024

Présentation :

Ce séminaire pluridisciplinaire (histoire, anthropologie et sociologie) se propose d’enquêter sur la dimension genrée des sociétés, le genre étant davantage compris comme une grille de lecture que comme une thématique en soi. Il s’agira de saisir les modalités selon lesquelles les sociétés africaines, les Africain·es en migration ou les Européen·nes en contexte africain définissent les identités et les assignations de genre, et organisent les rapports sociaux de sexes. Si l’un des postulats est que toute relation sociale est genrée, on s’attachera cependant à souligner la fluidité des identités de genre – y compris masculines – sans oublier que d’autres variables (statut, classe, âge…) sont toujours à l’œuvre dans l’élaboration des relations sociales d’altérité, des rapports interpersonnels, comme des identités personnelles.

CONTACT : marianne.lemaire@cnrs.fr

PROGRAMME :

 26 octobre 2023 :
Heike Becker, professeure invitée, « Gender and oral tradition in northern Namibia »

 9 novembre :
Claire Nicolas (historienne, SOAS et Fonds National Suisse), « Du genre et des jeux : respectabilité, enfance et morale dans le Ghana colonial »

 23 novembre :
Charles-Didier Gondola (historien, Indiana University), « Rumba congolaise et femmes africaines : un mariage hétérodoxe »

 14 décembre :
Rachel Jean-Baptiste (historienne, UC Davis), « Mother Africa, Father France : Métis, Gender and Citizenship »

 11 janvier 2024 :
Julie Castro (anthropologue, HETS - Genève), « Une approche spatiale des relations intimes et de leur gouvernement. À propos d’une recherche sur le travail du sexe et les politiques de lutte contre le sida au Mali »

 25 janvier :
Lucie Revilla (CNRS / IMAF), « Le genre et la construction des masculinités dans le travail de l’ordre à Khartoum et Lagos : des marges au centre du raisonnement »

 8 février :
Tim Gibbs (historien, université Paris-Nanterre), « Être “un big man” dans l’Afrique du Sud néolibérale : masculinités migrantes et réseaux de parenté dans le secteur des minibus-taxis à Johannesburg »

 14 mars :
Ramata N’Diaye Hernandez (anthropologue, URMIS, Université de Paris), « Conjugalités mixtes des migrants congolais au Kenya : (dé)construction des masculinités au prisme des politiques de respectabilité congolaises »

 28 mars :
Ewa Majczak (anthropologue, London School of Economics), « Digital fashionistas : young women, wealth-in-followers and matronage in Yaoundé, Cameroon »

 25 avril :
Erin Pettigrew (historienne, NYU Abu Dhabi), « L’implication des femmes et les vestiges politiques du mouvement kādeḥīn (1968-1978) en Mauritanie »

 23 mai :
Mériam Cheikh (anthropologue, CESSMA), « Masculinités médiatiques, masculinités numériques au Maroc »

 6 juin : ATTENTION au changement de salle : salle 3.06
Dorothea E. Schulz (anthropologue, Université de Münster, Allemagne), « “La confiance est une affaire délicate” : Jeunes musulmans, masculinité et aspirations futures dans le sud-ouest d’Ouganda »

Résumé :
Dans ma présentation, j’analyse les dimensions interpersonnelles et affectives de la situation de “waithood” involontaire des jeunes en Ouganda, en examinant les luttes des jeunes hommes musulmans pour se marier afin d’atteindre le statut d’aîné.
Les modifications radicales des économies domestiques au cours des trente dernières années ont eu pour effet secondaire d’imprégner les relations intimes d’une sorte de méfiance généralisée. Les jeunes hommes musulmans, dont l’incapacité à trouver un emploi stable limite leurs possibilités d’atteindre le statut d’adulte, se rabattent sur les relations sociales comme source d’avancement. Cela les place dans une situation paradoxale. Ils adoptent une attitude de « saine méfiance » à l’égard de leur épouse, tout en la percevant comme une menace pour leur identité et leur sécurité existentielle.