Accueil > Recherche > Séminaires et ateliers

Parcours anthropologiques dans le monde arabe

Séminaire coordonné par Dominique Casajus, directeur de recherches émérite, CNRS (IMAF) ; François Pouillon, directeur d’études, EHESS (IMAF) ; Alain Messaoudi, maître de conférences, Nantes Université ; Mercedes Volait, directrice de recherche, CNRS ; Christian Phéline, conseiller maître honoraire à la Cour des Comptes.

Année universitaire : 2023 / 2024
Périodicité : 1er et 3e jeudi, de 18h30 à 20h30
Localisation : Campus Condorcet-Centre de colloques, salle 3.06, place du Front populaire, 93300 Aubervilliers
Calendrier : Du 16 novembre 2023 au 6 juin 2024


Présentation :

Partant des conditions de l’enquête de terrain pour aller jusqu’aux dérivations lointaines, notamment artistiques et littéraires, de cette expérience fondatrice, on reprendra, sur la base de dossiers précis, les modes de construction d’un savoir d’où l’observateur ne sort pas finalement intact, non plus que les objets de ses préoccupations. Il s’agira donc de passer d’un registre à l’autre, depuis la démarche anthropologique proprement dite, jusqu’aux élaborations littéraires, en passant par l’histoire de l’art et les fouilles archéologiques.
On s’attachera à ces processus sur la longue durée, parfois sur la très longue durée avec l’usage qui est fait des témoignages archéologiques de civilisations disparues. Nous nous intéresserons tout particulièrement à l’élaboration et à la circulation des modèles et des représentations, brandis ou imposés de l’extérieur, pendant l’ère coloniale autant que postcoloniale, qui ont fait l’objet de remplois pour des constructions identitaires complexes, riches d’enjeux politiques.
L’espace considéré sera le monde arabe, entendu dans ses dimensions larges, celles de l’Islam méditerranéen, qui recouvre les provinces jadis dominées par l’empire ottoman, et déborde sur les déserts d’Afrique du Nord et de la Péninsule arabique. Nous y inclurons aussi les minorités enclavées qui, si elles se définissent par la pratique d’une langue ou d’une religion autres, n’en partagent pas moins avec la composante majoritaire nombre de pratiques sociales dans le cadre de ce qui constitue, en dépit de tout, une aire culturelle.


CONTACT :
dominique.casajus@cnrs.com, francois.pouillon@ehess.fr, alain.messaoudi@univ-nantes.fr, mercedes.volait@inha.fr, christian.pheline@sfr.fr


PROGRAMME :

 16 novembre 2023 :
Christian Phéline, conseiller maître honoraire à la Cour des Comptes,
« Camus colonialiste ? Questions de méthode » (à propos d’une publication récente)

La rentrée éditoriale s’est ouverte avec une vive offensive idéologique orchestrée autour de la sortie aux éditions La Fabrique d’un ouvrage d’Olivier Gloag qui appelle à « oublier Camus ».

Sous couvert de démythifier un écrivain érigé de manière unanimiste en penseur du juste milieu, ce brûlot s’autorise d’Edward Said dans Culture et Impérialisme, pour dénoncer tous les écrits et engagements de Camus depuis l’origine, comme n’exprimant qu’une apologie de la domination coloniale. Ce réquisitoire sommaire s’appuie sur un recours approximatif et tout idéologique à l’histoire, et une mésinterprétation systématique des textes. Son auteur l’étend à une mise en cause de l’écrivain pour son « anticommunisme », dans son rôle de résistant à l’occupant, dans sa lutte contre la peine capitale, ou comme vecteur supposé de l’idéologie patriarcale.

L’on aurait volontiers laissé un tel ouvrage se décrédibiliser lui-même par ses outrances et ses insuffisances, s’il n’avait trouvé de multiples relais idéologiques propres à en propager le mode de pensée caricaturalement binaire. Il fait en outre l’impasse sur des débats restant aussi actuels que la lutte contre le despotisme stalinien ou post-stalinien, la violence contre les civils ou l’aspiration à une algérianité respectueuse de la diversité des cultures, des croyances et des opinions. Cette tentative d’épuration intellectuelle rétrospective est enfin de nature à dévoyer gravement la nécessaire réflexion critique, tant sur l’histoire et la littérature que sur les questions éthiques et politiques que la pensée Camus peut encore éclairer.

(27-29 nov. Colloque Lissarrague)

 7 décembre :
Alain Messaoudi,
« Horace Vernet et l’Algérie » (sur une exposition au château de Versailles)

 21 décembre : à partir de 10h30, salle 3.122, IMAF, Bâtiment sud (attention à l’horaire et au lieu)
Témoignages personnels sur Sylvette Larzul, dans le cadre du colloque sur son œuvre

[Vacances d’hiver : 24 dec-7 janvier]

 18 janvier 2024 :
Jessica M. Marglin (University of Southern California),
« Extraterritorialité, nationalité et juridiction entre empires ottoman, français et marocain (1830-1914) : comment reconnaître un Algérien hors de l’Algérie ? »

 1er février :
Hinde Maghnouji (IMAF),
« Les demandeurs d’asile et l’expérience de l’effacement. Le cas de jeunes Syriens sur l’ile grecque de Samos »

 15 février :
Dominique Casajus,
« Augustin l’Africain »

 7 mars :
Guy Bathèlemy & Alain Messaoudi,
« L’image du Prophète de l’islam dans la littérature romantique »

 21 mars :
Hind Guirat (Université de Tunis),
« Justice des hommes, justice de Dieu : la loi du talion en Tunisie sous le protectorat (1883-1921) »

 4 avril :
Antoine Perrier (CNRS-CJB Rabat),
« Travailler sur le Makhzen dans ses archives : expériences du terrain marocain »

[Vacances de printemps : 7-21 avril]

 16 mai :
Lydia Haddag (Université Paris I, InVisu),
« Les associations féminines artistiques dans l’Algérie coloniale »

 6 juin :
Bilan et perspectives