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Partenariat académique, diaspora universitaire

« Regards croisés », séminaire de l’IMAF-Aix
Coordonné par Ines Pasqueron de Fommervault et Henri Médard.
Voir le programme complet du séminaire.

vendredi 8 décembre 2023
14h-17h
salle Georges Duby, MMSH

 Abdoulaye Gueye, Université d’Ottawa
« Une générosité bien calculée : de l’asymétrie du partenariat entre la diaspora universitaire africaine et les chercheurs en poste en Afrique »
Dès son accession à l’indépendance, le continent africain, par la voix de ses premiers dirigeants nationaux, a souscrit à la thèse selon laquelle le développement socioéconomique est fonction de la promotion d’une robuste activité de recherche. Partant, des établissements d’enseignement supérieur et de recherche ont essaimé aux quatre coins du continent en l’espace d’un quart de siècle. Mais en même temps que cet effort était déployé, l’Afrique assistait progressivement à l’exode d’une quantité sans cesse grandissante de sa population d’universitaires attirée par les conditions de travail et les salaires plus mirobilants offerts dans les universités nord-américaines surtout, et européennes dans une moindre mesure. Dans la première décennie du XXIe siècle, le nombre d’universitaires africains en poste aux États-Unis et au Canada était estimé à plusieurs dizaines de milliers, pendant que les universités africaines s’accommodaient d’un ratio étudiant/professeur parmi les plus élevés au monde. En réaction à cette situation, des États africains, soutenus par des experts et des bailleurs de fonds internationaux, se sont investis dans la promotion de partenariats de recherche entre la diaspora universitaire africaine et les chercheurs en poste en Afrique. Réciproquement, plusieurs centaines d’universitaire en diaspora se sont saisis de cet intérêt pour développer des collaborations en Afrique, souvent au nom du patriotisme.
Cette présentation entend décrire et analyser la circulation des ressources qui vont de la diaspora vers les universités africaines. Sur la base de données collectés auprès d’universitaires de plusieurs pays africains dont l’Éthiopie, le Ghana, le Sénégal et le Nigeria, elle vise aussi à soumettre à l’épreuve de la vérification le discours fortement consensuel au sein de la diaspora, qui consiste à présenter cet engagement comme un service altruiste de l’Afrique. L’argument majeur qui la traverse, c’est que ce service est informé en grande partie par les intérêts ainsi que les contraintes professionnels de la diaspora universitaire. Ainsi est-il révélé que la générosité de la diaspora est adroitement calculée.

 Catherine Atlan (AMU, IMAF)
« La coopération académique entre historiens d’Aix et de Dakar : histoire et perspectives »