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Histoire sociale de l’Afrique. Objets, approches et méthodes

Séminaire coordonné par Victoire Chalin, chercheuse indépendante ; Marie-Aude Fouéré, maîtresse de conférences EHESS (IMAF) ; Aude Franklin, doctorante EHESS (CEMS) ; Mathias Gerecht, doctorant AMU (IMAF) ; Henri Médard, professeur des universités AMU (IMAF).

Année universitaire : 2023 / 2024
Périodicité : Un lundi par mois, de 9h à 12h
Localisation : Centre de la Vieille-Charité, salle A, 2 rue de la Charité, 13002 Marseille
Calendrier : Les 6 novembre et 4 décembre 2023, les 8 janvier, 5 février, 11 mars 2024, et 15 avril 2024

Présentation :

Ce séminaire de l’IMAF vise à introduire et à discuter des travaux récents et en cours en Afrique subsaharienne. Organisé sous la forme de six séances de trois heures, ce cycle de séminaires propose d’échanger autour d’interventions de doctorant·es et de chercheur·euses, à raison de trois par séance, en stimulant une réflexion collective par-delà les frontières disciplinaires en sciences humaines et sociales : anthropologie, géographie, histoire, philosophie, sciences politiques, sociologie. Chacune des six séances ouvrira sur une thématique centrale : famille et parenté en situation(s) de post-conflit, race et catégorisation, impérialisme écologique, ethnographie en contexte(s) urbain(s), violence(s) de masse et génocide, colonialisme et décolonialisme.
Ce séminaire se caractérisera par l’hétérogénéité et la complémentarité des approches méthodologiques et réflexives du « travail de terrain » (archives, ethnographie), des procédés de production des matériaux de recherche et leur utilisation dans la construction d’un savoir disciplinaire, pensés ainsi comme des actes chargés et liés à des systèmes de savoir et de pouvoir. En explorant les questions de sources, d’échelles, de temporalités et les pistes de recherche ouvertes par les différentes interventions, nous espérons participer au renouvellement des approches épistémologiques et méthodologiques au croisement des regards disciplinaires.

CONTACTS : marie-aude.fouere@ehess.fr, aude.franklin@ehess.fr, mathias.gerecht@orange.fr

PROGRAMME :
 6 novembre 2023 :
Violaine Baraduc (EHESS, IMAF), Charles Gremont (IRD-LPED, IMAF), Morgann Pernot (EHESS, IRIS / ICM)

La menace et le refuge : famille(s) et parenté en situation de (post)conflit
Cette séance portera sur les expériences familiales en situation(s) de conflit, de post-conflit et de migration. Souvent posée comme refuge affectif et physique face à la violence extérieure en contextes politiques et étatiques instables, la sphère familiale et domestique n’en reste pas moins caractérisée par des hiérarchies de pouvoir, de domination et de menace physique.

 4 décembre :
Hélène Quashie (IMAF, Lartes-IFAN), Zoé Quetu (Sciences Po Bordeaux, LAM)

Race(s), catégorie(s), identité(s)
Cette séance entend confronter différents travaux sur la question de catégories et de catégorisations raciales, ethniques ou identitaires. Races, ethnies et identités peuvent être analysées comme un discours performatif des dominant·es (dont les chercheuses et chercheurs peuvent faire partie) sur les dominé·es. Toutefois, ces catégories peuvent également être abordées à travers l’agentivité des individus dominé·es qui se les approprient, les subvertissent, ou revendiquent leur dignité d’opprimé·es.

 8 janvier 2024 :
Damiano Matasci, Université de Genève ; Sara Van Der Hoeven, University of Gothenburg ; Romain Old, ENS-PSL, Rennes 2

Projets de développement ou de conservation, colonialité et folie moderne
Cette séance a pour objets et sujets d’étude les avatars de l’impérialisme moderne que sont les projets de développement et de conservation. Les projets de développement et les projets de conservation écologique seront analysés dans une même perspective historique les reliant aux empires coloniaux européens. Ce prisme particulier de la colonialité nous amènera à replacer aux centres du dialogue, les histoires de violence, de massacres, d’évictions forcées, de déplacements de population, de pillages de territoires habités par des pratiques communautaires multiples et changeantes. Aux rhétoriques de la modernité et de la modernisation utilisées dans le commerce de ces projets se substituera une analyse fine de la folie destructrice qu’ils contiennent.

 5 février :
Julien Bonhomme (ENS-Paris, LAS), Ramata N’Diaye Hernandez (URMIS, Université de Paris)

Ethnographie(s) en zones urbaines
Cette séance portera sur les considérations méthodologiques et éthiques de l’enquête ethnographique en zones urbaines. Quelles sont ses spécificités, si de telles spécificités existent ? Quels sont les outils et méthodes propres à la production du matériau en contextes urbains ?

 11 mars :
Gillian Mathys (Ghent University), Emmanuelle Veuillet (Paris I, CSSP), Charlotte Karungi Mafumbo (Makerere University)

Race, violence de masse et génocide
Cette séance vise à interroger les moments de passage à l’acte collectif, impliquant des acteurs étatiques ou paraétatiques, où un imaginaire racial devient le support d’une entreprise d’anéantissement effectif de l’Autre fantasmé. Comment aborder ces moments spécifiques dont la violence extrême, toujours signifiante dans ses gestes, a provoqué un traumatisme profond chez celles et ceux qui l’ont vécue ?

 15 avril :
Intervenant·es à venir

Épistémologie et histoire africaine
Cette séance a pour sujets et objets de dialogues les manières de chercher, de produire et de faire circuler les connaissances sur les mondes africains à l’intérieur et à l’extérieur des murs des enceintes universitaires et académiques. Nous dialoguerons des manières de faire de la recherche sur les mondes africains en France et dans les Suds globaux. D’où parlons-nous ? D’où parles-tu et à qui t’adresses-tu lorsque tu pratiques la recherche sur les mondes africains ? D’où parlons-nous et à qui nous adressons-nous lorsque nous restituons une recherche au sein et à l’extérieur de l’université ?