IMAF - Institut des mondes africains


Accueil > Annuaire

LIBERSKI-BAGNOUD Danouta

Directrice de recherche 2e classe (CNRS), Habilitée à diriger des thèses
Accréditée à l’Ecole Doctorale 472, mention « Religions et systèmes de pensée », EPHE
Membre du site Ivry de l’IMAf
Membre du Conseil scientifique de l’Institut d’Etudes Avancées de Nantes
Membre du Comité de rédaction de la revue Incidence. Revue de philosophie, littérature, sciences humaines et sociales. Éditions du Félin.
Anthropologie, ethnologie
Contact mél
ou Contact mél2

Thèmes de recherche

- Qu’est ce qu’habiter ? Le rapport à la terre en Afrique occidentale, et ses transformations contemporaines. Comment faire du territoire à partir d’un espace quelconque ? Les réseaux de parenté et leur organisation spatialisée et spatialisante. Les montages de représentations qui façonnent l’identité des groupes et des personnes. L’instance de la Terre et les figures du pouvoir. (Anthropologie sociale : parenté, pouvoir, systèmes territoriaux).

- Qu’en pensent les sujets du rite ? Rites, pensée, société. Le temps et l’espace au prisme du rite. La fabrique des Instances ancestrales à partir des processus rituels du deuil. L’interdit du meurtre et les deux versants de la pratique rituelle : initiation masculine, rites de l’homicide. (Anthropologie religieuse : théorie du rituel).

- Qu’est ce qu’une parole de vérité ? Divination et rhétorique. Construction du lieu de la séance divinatoire comme espace-corps. Lexique et syntaxe du langage sollicité dans une forme de divination "par le bâton". Divination et écriture.

- Comment comparer ? Démarche réflexive sur les outils (linguistiques et ethnologiques) de la comparaison dans un cadre régional (aire voltaïque, Afrique de l’ouest).

Projets de recherche

- 1. La terre comme figure de souveraineté (Institut d’Etudes Avancée, Nantes)en savoir plus
- 2. Participation au projet Lascaux (Droit— Aliments-Terre) en savoir plus

Terrains

- Burkina Faso
- Ghana

Séminaires et ateliers de recherche

-  L’anthropologie en questions. Lectures critiques aux « frontières des sciences »2005-2008
- Atelier d’anthropologie religieuse : Figurations de l’invisible (EHESS), en codirection avec Marcello Carastro et Stéphan Dugast.
- Divination et rhétorique

Publications

Ouvrages et chapitres d’ouvrages collectifs

- 2012 « Neuf concepts cardinaux en trois langues voltaïques », in Pierre Legendre, Tour du monde des concepts. Paris, Fayard (sous presse).
- 2011 « Le sac d’un devin kasena et de quelques autres », in Christian Jacob, Lieux de savoir. Les mains de l’intellect, vol. 2. Paris, Albin Michel : 38-58.
- 2009 « D’une forme donnée à l’absence » in M. Cartry, J.-L. Durand, et R. Koch- Piettre (éds) Architecturer l’invisible. Autels, ligatures, écritures. Louvain, Brépols (Bibliothèque de l’EPHE) 138 : 217-245.
- 2009 « Les bois sacrés africains, faits et illusions. A propos des sanctuaires boisés des Kasena (Burkina Faso) » (avec Anne Fournier et Saïbou Nignan), in Dominique Juhé-Beaulaton (éd.) Forêts sacrées et sanctuaires boisés. Des créations culturelles et biologiques (Burkina Faso, Togo, Bénin), Paris, Karthala : 36-62.
- 2003 Rites, pensée, société, Université de Paris X-Nanterre, thèse d’habilitation à diriger des recherches, 249 p.
- 2002 Les dieux du territoire. Penser autrement la généalogie. Paris, CNRS/MSH éditions (collection Chemins de l’ethnologie), 244 p.
- 1995 Le deuil et ses rites III, Danouta Liberski (éd), Systèmes de pensée en Afrique noire, vol.13 : 220 p.
- 1991 Le deuil et ses rites II, Christine Henry et Danouta Liberski (éds), Systèmes de pensée en Afrique noire, vol. 11 : 213 p.
- 1990 « D’une fondation sans fondateur » in Marcel Detienne (éd.), Tracés de fondation. Louvain Paris, Peeters (Bibliothèque de l’EPHE) : 85-140. (avec Michel Cartry).
- 1989 Le deuil et ses rites, Danouta Liberski (éd), Systèmes de Pensée en Afrique noire, vol. 9 : 167 p.

Articles dans revues (Avec comité de lecture)

- 2012 « La chorégraphie du bâton divinatoire comme écriture sonore », Gradhiva, avril 2012.
- 2010 « L’espace du dire oraculaire. Aperçu comparatif de la fabrique d’un lieu d’où peut surgir une parole vraie » in Le chemin du rite. Autour de l’oeuvre de Michel Cartry, Incidence 6. Paris, Les Editions du Félin : 109-148.
- 1996 « La lame du couteau et la mort amère. Violence funéraire, initiation et homicide en pays kasena », Systèmes de pensée en Afrique noire, cahier 14, numéro spécial Destins de meurtriers sous la direction de Michel Cartry et Marcel Detienne : 211-250.
- 1995 « Le lien défait », Systèmes de pensée en Afrique noire, cahier 13, numéro spécial Le deuil et ses rites III sous la direction de Danouta Liberski : 185-216.
- 1991 « Présentation », Systèmes de pensée en Afrique noire, cahier 11, numéro spécial Le deuil et ses rites II sous la direction de Christine Henry et de Danouta Liberski : 8-14.
- 1990a « Pour une géographie de la saleté (Dogon, Mali) », Journal de la société des africanistes, 59 (2) : 39-62.
- 1990b « Fortes, Meyer », in Michel Izard et Pierre Bonte (sous la direction de), Dictionnaire de l’ethnologie et de l’anthropologie. Paris, P.U.F.
- 1989 « Présentation », Systèmes de Pensée en Afrique noire, cahier 9, numéro spécial Le deuil et ses rites sous la direction de Danouta Liberski : VII-XIII.
- 1986 « Note sur le calendrier kasena (Burkina Faso) », Systèmes de pensée en Afrique noire, cahier 7, numéro spécial Calendriers d’Afrique : 101-120.

Parcours de recherche

Je mène des recherches d’anthropologie sociale et religieuse, à partir d’une expérience de terrain (régulièrement réitérée depuis 1981) auprès des Kasena, agriculteurs sédentaires établis à la frontière du Burkina Faso et du Ghana. Mes principaux travaux s’agencent autour d’un même questionnement fondamental sur une manière remarquable de penser la généalogie à l’articulation du territoire et de la lignée. De façon plus générale, toutes les études que j’ai conduites ont porté sur des pans de vie des communautés villageoises kasena †» leur relation à l’espace, à la terre, au temps, au pouvoir, à la mort de soi et d’autrui, à la reproduction de lignées humaines, à la différence des sexes, au destin, etc. †», dont il aurait été vain d’essayer de détacher (pour l’isoler) ce qui, selon nos catégories, relève du domaine du « religieux ». Par le biais de ces études, j’ai tenté tout à la fois d’éclairer la matrice des contraintes qui donnent forme à la vie sociale dans cette « Afrique des villages » qui, quoi qu’on en dise, est toujours le cadre de référence pour une large majorité en Afrique de l’ouest (75% de la population au Burkina est rurale), et de pénétrer la forme de pensée que déploie ce mode spécifique de l’agir qu’est le rite par l’intermédiaire duquel les hommes de ces sociétés conçoivent leur présence au monde. Une forme de pensée à la fois familière et totalement étrange pour un sujet occidental par les lieux même où elle s’exerce, car ces lieux sont pour lui saturés par d’autres discours, d’autres modes de l’agir.
En savoir plus