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L’épigraphie de l’Alhambra : de l’usage fonctionnel à la réception esthétique

Soutenance de thèse de Farah Makki
Directeur de thèse : Houari Touati
Le 16 décembre 2016, 14h, EHESS, salle de réunion de l’IMAF, 2è étage, 96 bd Raspail, 75006 Paris

Jury :
- Houari Touati (directeur de thèse), EHESS
- Pascal Buresi, EHESS
- Christine Mazzoli-Guintard, Université de Nantes
- Michel Terrasse, EPHE
- Mercédès Volait, INHA

Résumé :
Cette recherche contribue à un discours dans l’art, rarement abordé, sur les qualités spatiales et sensibles enclines à surgir de l’emploi architectural des belles écritures. L’étude des palais de l’Alhambra expose une véritable expérience physique où la curiosité des visiteurs s’attise devant une mise en scène graphique qui recouvre programme social et mécanisme de mise à l’épreuve visuelle. Considérant des fonctions méconnues (calliphore, métaphore, formant ou agent), l’expérience esthétique de la belle écriture arabe, sa forme et sa raison d’être sont étudiées au prisme de l’histoire sociale, de la phénoménologie esthétique et du domaine des ambiances. L’approche traditionnelle de la simple utilité textuelle est ainsi reléguée pour inscrire la pratique ornementale de l’écrit au sein d’un réseau de relations entre agents et récepteurs. Le travail élucide un ancrage social ainsi qu’une métaphorisation des compositions graphiques renvoyant à l’héritage matériel et immatériel de l’Islam médiéval. L’analyse formelle de ces signes d’identité culturelle livre une approche artistique inédite de la représentation du réel, qui échappe aux restrictions d’une culture méprisant la figuration, et qui construit un champ d’expérimentation visuelle motivant l’engagement esthétique. Une expérience par laquelle le sujet percevant, arabophone ou non arabophone, saisirait le « Genius loci » relatif à l’onirisme de la résidence princière. L’étude défend ainsi l’existence d’une intentionnalité nasride qui œuvrerait à l’élévation d’une architecture susceptible de « faire histoire ». Un récit dont le sens se renouvelle à travers la perception, où l’épigraphie agirait comme intermédiaire.

Mots-clés :
Palais de l’Alhambra, Architecture islamique, Nasrides, Art visuel, Épigraphie, Calligraphie arabe, Ornement, Belle écriture, Expérience esthétique, Phénoménologie, Ambiance architecturale, Histoire sociale, Islam médiéval, Signes, Identité culturelle, Métaphore plastique, Calliphore, Formant, Agent, Texture sensible, Sens du lieu.

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Abstract :
This research contributes to a rarely broached discourse in the history of art on the spatial and perceptible qualities that stem from the architectural use of calligraphy. The study of the Alhambra palaces describes a real physical experience in which visitors’ curiosity is stimulated by the writings’ scenography originally conceived as a social program and a tool for visual experimentation. Highlighting underestimated functions, such as metaphor, phenomenological texture or agent, the aesthetic experience of the Arabic epigraphy, its patterns and concepts are studied in the light of social history, aesthetic phenomenology, and ambiance studies. An emphasis on the place that ornamental practice of writing occupies within a network of relations between agents and perceivers is preferred to the traditional approach centered on a strict textual function. The work argues for a social inscription as well as a metaphorization of the graphic compositions in reference to the material and immaterial heritage of Medieval Islam. The visual analysis of these signs of cultural identity opens a new artistic approach that bypasses the limitations of a culture disadvantaging figurative representation. Nasrid practice creates, rather, a field of visual experience motivating the aesthetic engagement of beholders, Arabs or foreigners : a process, which supports the perception of the residence’s "Genius loci ". The study advocates, therefore, the existence of a Nasrid ambition to build a narrative architecture that favors the renewal of key concepts through the visitors’ perceptions, by the means of epigraphy’s aesthetic mediation.

Keywords :
Alhambra Palace, Islamic Architecture, Nasrid, Visual Arts, Epigraphy, Arabic calligraphy, Beautiful writings, Ornament, Aesthetic Experience, Phenomenology, Architectural Ambiances, Social History, Medieval Islam, Signs, Cultural Identity, Metaphor, Calliphore, Formant, Agent, Senses, Materiality, Genius Loci