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Exercices et constructions du pouvoir aux marges de la cité : la participation des femmes dans la lutte contre le VIH/sida en Éthiopie, entre marginalité et mobilité sociale

Soutenance de thèse de Carolina De Rosis
Directeur de thèse : Jean-Pierre Dozon
Le 18 octobre 2017, 14h, EHESS, salle A07_51, 54 bd Raspail, 75006 Paris

Jury :
- Laetitia Atlani-Duault, DR IRD - prérapporteur
- Jean-Pierre Dozon, DE EHESS
- Eloi Ficquet, MC EHESS
- Sandrine Musso, MC Université Aix-Marseille
- Laurent Vidal, DR IRD - prérapporteur

Résumé :
Une épidémie généralisée de VIH/sida est attestée en Éthiopie dès le début des années 1990. Répartie de façon très hétérogène d’une région à l’autre du pays, l’épidémie est restée essentiellement concentrée dans les villes où le taux de séroprévalence est à son maximum parmi les jeunes femmes adultes. Diverses formes de privation économique et sociale se produisent au sein de la population urbaine et plus particulièrement parmi les femmes en lien avec une mobilité géographique interne à dominante féminine et une instabilité conjugale très marquée. Facteur aggravant ces formes de privation économique et sociale, le VIH/sida a été à l’origine d’une mobilisation de groupes de malades socialement défavorisés qui se sont rassemblés autour de leurs afflictions dans la tentative de faire face à leur condition par la recherche de différentes formes d’aides et d’un soutien psycho-social. Cette mobilisation s’est par la suite amplifiée se structurant autour des stratégies globales de lutte contre l’épidémie en même temps que celle-ci a induit un investissement sans précédents dans le système sociosanitaire éthiopien en termes de ressources économiques, humaines, techniques et biomédicales. En s’appuyant sur les données recueillies au cours d’enquêtes ethnographiques réalisées en Éthiopie entre 2007 et 2010, cette thèse se propose d’étudier l’impact que les politiques d’accès aux médicaments contre le VIH/sida (ARV) ont eu sur la représentation sociale de la pauvreté féminine dans la société éthiopienne tant par le développement de diverses formes de solidarité parmi des citoyens les plus marginalisés que par la facilitation de leur accès à diverses ressources matérielles et symboliques. Mises en place grâce au développement de partenariats du gouvernement éthiopien avec des organisations d’aide multilatérale, des pays engagés dans la coopération bilatérale, et des instances globales de la santé, ces politiques d’accès aux soins se sont de fait progressivement inscrites à différents titres dans le champ de la lutte contre la pauvreté. Elles ont plus particulièrement facilité la prise en charge globale de femmes séropositives au sein de la population considérée pauvre sur la base de leur condition médicale alors que le ciblage de cette population est imparfaitement atteint par les politiques de réduction de la pauvreté. Dès lors des femmes malades socialement marginalisées ont pu accéder à de nouvelles expériences de citoyenneté en lien avec diverses formes de mobilité sociale engendrées par leur participation en tant qu’actrices profanes au fonctionnement des dispositifs sociosanitaires dévolus à l’endiguement de cette épidémie.

Mots-clés :
ARV, citoyenneté, Éthiopie, mobilité, participation profane, pauvreté féminine, ressource, VIH/sida.